Afrique

Mali : le chef de l'opposition Soumaïla Cissé, enlevé il y a 5 mois, a pu transmettre des lettres à sa famille

 Le chef de l'opposition Soumaïla Cissé, en train de voter le 18 août 2018 pour le second tour de l'élection présidentielle, a été enlevé le 25 mars 2020.
 Le chef de l'opposition Soumaïla Cissé, en train de voter le 18 août 2018 pour le second tour de l'élection présidentielle, a été enlevé le 25 mars 2020.
AP/Boubacar Sada Sissoko

Le chef de l'opposition malienne Soumaïla Cissé, enlevé le 25 mars, en pleine campagne législative, par de présumés djihadistes, a pu transmettre des lettres à sa famille qui était sans contact avec lui depuis des mois. C'est ce qu'annonce ce vendredi 21 août le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans un communiqué.

Il s'agit d'une des premières preuves de vie de l'ancien candidat aux présidentielles de 2013 et 2018, même si le président Ibrahim Boubacar Keïta, renversé mardi par un putsch, avait assuré mi-juin que son rival était "en vie". "Nous connaissons ses ravisseurs. Et s'il plaît à Dieu, il reviendra bientôt", avait alors déclaré le président Keïta.
 

La libération de la figure de proue de l'opposition, 70 ans, est l'une des revendications des manifestants qui ont réclamé pendant des mois le départ du président Keïta.

"Le CICR a remis à un membre de la famille de Monsieur Soumaïla Cissé des lettres de la part de ce dernier", a indiqué l'organisation dans un communiqué daté de Bamako.
  "Après de longs mois sans contact, pouvoir recevoir des nouvelles d'un être cher est d'un réconfort inestimable pour la famille", a ajouté le Comité international de la Croix-Rouge.

"Je tiens à préciser que les lettres ne contenaient que des informations familiales et que le CICR ne participe pas aux négociations pour la libération de M. Cissé", a déclaré le chef de la délégation du CICR au Mali, Klaus Spreyermann, cité dans le communiqué.

"En tant qu'acteur humanitaire neutre et indépendant, lorsqu'un accord est trouvé entre les parties concernées, le CICR sera prêt à faciliter un éventuel transfert des otages", a-t-il ajouté. A défaut de preuve formelle et de revendication, les soupçons pèsent sur le groupe djihadiste d'Amadou Koufa, affilié à Al-Qaïda.
  L'enlèvement d'une personnalité nationale d'une telle envergure est sans précédent, même dans un pays où de nombreux rapts ont été perpétrés pour différentes raisons.