Mali : le chef du pouvoir militaire Assimi Goïta appelle les Maliens à voter en faveur de la nouvelle constitution

Le chef de la junte au Mali, le colonel Assimi Goïta, a appelé mardi 13 juin ses compatriotes à approuver le projet de Constitution. Le projet soumis au vote ce dimanche 18 juin accroît de fait les pouvoirs du chef de l’État. Celui-ci aura notamment l’initiative des lois au même titre que les parlementaires.

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Assimi Goita rencontre des délégués de la Cédéao(AP Photo/File)

Images de l'homme fort de la junte militaire Assimi Goita avec des représentants de la Cédéao à Bamako au Mali, le 25 mai 2021. 

AP Photo/archives
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 "Je demande aux Maliens de sortir massivement le dimanche 18 juin pour donner raison au projet de Constitution en votant oui". Ces mots ont été prononcés dans le stade de Ségou dans le centre du pays. Le colonel Assimi Goïta, patron des militaires au pouvoir est en campagne.

Le français une simple "langue de travail"

Les colonels qui ont pris le pouvoir par la force en août 2020 ont fait du "rétablissement de la souveraineté nationale" leur mantra. Ils ont rompu l'alliance avec la France contre les djihadistes et se sont tournés militairement et politiquement vers la Russie.

Dans ce projet de nouvelle Constitution rédigé dans un contexte de rupture diplomatique avec Paris, le francais devrait ainsi perdre son statut de "langue d'expression officielle" pour devenir simplement une "langue de travail".

Renforcement des pouvoirs du président au détriment du parlement

Ce texte constitutionnel devrait surtout renforcer et accroître les pouvoirs du chef de l'État, en l'occurence ceux de l'actuel chef de l'exécutif, Aissimi Goïta. Il devrait notamment avoir comme le parlement l'initiative des lois.

Le texte de la nouvelle Constitution protège de fait les militaires de toute poursuite contre le coup d'État du 18 août 2020. Ce jour-là des militaires autour de la figure du colonel Goïta renversaient le président démocratiquement élu Ibrahim Boubacar Keïta. Le texte constitutionnel condamne tout coup d'État mais il précise que "faits antérieur à (sa) promulguation sont couverts par des lois d'amnistie et ne peuvent en aucun cas faire l'objet de poursuites".

La Constitution est un élément clé du vaste chantier de réformes invoqué par les militaires pour justifier de continuer à diriger jusqu'en mars 2024 ce pays confronté à la propagation djihadiste et à une profonde crise multiforme.

Le référendum est la première étape validée par le vote d'un calendrier de consultations censé s'échelonner jusqu'en 2024. Le réferendum avait été repoussée de trois mois. Le pouvoir malien estimait que les cartes d'électeurs n'étaient pas prêtes. Il désirait rendre plus intelligible le texte du projet consitutionnel.

Ce scrutin aura une valeur de test pour les militaires au pouvoir. Pourront-ils organiser le scrutin sur l'ensemble du territoire. Un groupe jihadiste affilié à Al-Qaïda a revendiqué une attaque récente d'un convoi de la mission de l'ONU au Mali (Minusma) dans laquelle deux Casques bleus ont été tués près de Tombouctou (nord).