Mali : le directeur de la division des droits de l'homme de la Minusma déclaré "persona non grata"

Le directeur de la division des droits de l'homme de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) a été déclaré "persona non grata" par le gouvernement de transition. Il"devra quitter le territoire national dans un délai de 48 heures", selon un communiqué des autorités. 
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Le colonel Assimi Goïta, ici au centre lors d'une réunion avec les envoyés de la Cédéao le 22 août 2022.
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Le directeur de la division des droits de l'homme de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) Guillaume Ngefa-Atondoko Andali a été déclaré "persona non grata" et "devra quitter le territoire national dans un délai de 48 heures", a indiqué dimanche les autorités de transition.

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"Cette mesure fait suite aux agissements déstabilisateurs et subversifs de Monsieur Andali, en violation flagrante des principes et obligation que doivent conserver les fonctionnaires des Nations Unies et tout diplomate accrédité au Mali, conformément aux conventions internationales pertinentes", dit le communiqué, lu au journal de la télévision nationale et signé par le porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maiga.

Voir : Mali : la junte expulse le Directeur des droits de l'homme de la Minusma

Plusieurs reproches adressés

Les autorités maliennes reprochent à Guillaume Ngefa-Atondoko Andali d'avoir sélectionné "des usurpateurs s'arrogeant le titre de représentant de la société civile malienne, en ignorant les autorités et les institutions nationales" au cours de sessions du Conseil de Sécurité de l'ONU sur le Mali. "La partialité de M. Andali a été encore plus manifeste lors du dernier examen du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Mali", jour de l'intervention au titre de la société civile d'Aminata Cheick Dicko, qui subit depuis son discours une violente campagne de dénigrement.

(Re)voir : Mali : la Minusma renouvelée, malgré les réserves de Bamako
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Cette décision, annoncée par communiqué, intervient après un discours violemment critiqué par la junte prononcé par une défenseure des droits humains malienne. Dix jours plus tôt, elle a dénoncé à l'ONU la situation sécuritaire du pays et l'implication, selon elle, des nouveaux alliés russes de l'armée nationale dans de graves violations. 

La Minusma a été créée en 2013 pour aider à stabiliser un Etat menacé d'effondrement sous la poussée djihadiste, protéger les civils, contribuer à l'effort de paix, défendre les droits humains... Mais la situation sécuritaire n'a cessé de s'aggraver au Mali. La junte fait ouvertement barrage aux investigations de la Minusma sur les droits humains et les abus dont les forces maliennes sont régulièrement accusées.