Afrique

Mali : le président et le Premier ministre emmenés au camp militaire de Kati

Le Premier ministre malien Moctar Ouane (ici en 2010) et le président de la transition Bah N'Daw.
Le Premier ministre malien Moctar Ouane (ici en 2010) et le président de la transition Bah N'Daw.
© Reuters

Le président et le Premier ministre de transition maliens, Bah Ndaw et Moctar Ouane, ont été conduits sous la contrainte par des soldats au camp militaire de Kati, près de Bamako, dans un apparent coup de force après la formation d'un nouveau gouvernement, selon des sources concordantes.

"Le président et le Premier ministre sont ici à Kati pour des affaires les concernant", a dit un haut responsable militaire. Un responsable du gouvernement, s'exprimant aussi sous le couvert de l'anonymat étant donné le caractère sensible de ces informations, a confirmé que les chefs de l'exécutif de transition avaient été conduits à Kati, haut lieu de l'appareil militaire malien.

(Re)voir : "Situation confuse" autour du nouveau gouvernement de transition

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"Je confirme : des hommes de Goïta sont venus me chercher pour me conduire chez le président qui habite non loin de ma résidence", a dit Moctar Ouane dans un bref échange téléphonique avec l'Agence France-Presse, en faisant référence à l'homme fort malien, le colonel Assimi Goïta, actuel vice-président de la transition.

C'est là que le président élu Ibrahim Boubacar Keïta avait été conduit de force le 18 août 2020 par des colonels putschistes pour annoncer sa démission. Ce sont semble-t-il les mêmes colonels qui sont à la manoeuvre neuf mois plus tard.

(Re)voir : Coup d'Etat au Mali, "Des officiers de l'armée sont aux manettes"

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Des sources très proches du Premier ministre ont confirmé ce qui pourrait s'apparenter à un coup de force, sous le couvert de l'anonymat étant donné la volatilité de la situation.

La capitale Bamako bruissait de rumueurs difficilement confirmables et des missions internationales ont diffusé des messages de prudence.

Ces évènements sont survenus quelques heures seulement après l'annonce d'un nouveau gouvernement, que dominent toujours les militaires, mais dont ont été écartés des officiers proches de la junte qui avait pris le pouvoir après le coup d'Etat du 18 août 2020 et dont Assimi Goïta était le chef.