Mali : les abus des groupes djihadistes dans le nord-est mis à l'index par Human Rights Watch

Un rapport de l'ONG Human Rights Watch épingle dans un rapport les "meurtres", "viols" et "pillages" commis par des groupes djihadistes à grande échelle sur les civils dans le nord-est du Mali, "forçant des milliers de personnes à fuir ces régions".

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Image datant de 2012 de miliciens d'Ansar Dine, un groupe djihadiste appliquant la Charia, dans le désert près de Tombouctou au Mali.

Image datant de 2012 de miliciens d'Ansar Dine, un groupe djihadiste appliquant la Charia, dans le désert près de Tombouctou au Mali.

© AP Photo
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L'organisme de défense des droits humains, HRW, explique que "la sécurité s'est fortement détériorée en raison d'affrontements entre deux groupes armés islamistes" dans le nord-est du Mali.

L'État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) et le Groupe pour le soutien de l'islam et des musulmans (GSIM, ou JNIM selon l'acronyme arabe), lié à Al-Qaïda, cherchent tous les deux à contrôler les voies d'approvisionnement et à accroître leur influence. Et ceux qui en pâtissent sont les populations.

"Des groupes armés islamistes attaquent brutalement les civils et contribuent à alimenter une urgence humanitaire de grande ampleur", déclare Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch.

Human Rights Watch dit avoir documenté huit attaques entre les mois de janvier et juin, six dans la région de Gao et deux dans la région de Menaka dans le nord-est, théâtre depuis des mois d'une poussée de l'État islamique au grand Sahara (EIGS).

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Elles auraient, selon elle, fait des "centaines" de morts et contraint des milliers de personnes à fuir la zone.

L'ONG rapporte des témoignages recueillis par ses enquêteurs et décrivant des combattants armés de "fusils d'assaut", de "lance-grenades", et habillés en tenues civiles ou treillis avec des turbans identifiables.
Ils parlent plusieurs langues locales (le tamashek, le fulfulde, le songhaï et l'haoussa), ainsi que l'arabe, et arborent parfois le drapeau de l'État islamique.

L'organisation s'est également dite inquiète de la décision de retrait de la Mission de maintien de la paix de l'ONU (Minusma) réclamé par Bamako qui se déroulera sur six mois jusqu'à la fin de l'année 2023.

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Ce retrait risque, selon le rapport, de "nuire" aux efforts visant l'obligation de rendre des comptes pour les abus liés au conflit. Ilaria Allegrozzi appelle ainsi les autorités maliennes à "redoubler d'efforts" pour protéger les civils et à "travailler en étroite collaboration" avec leurs partenaires internationaux.

"Abus" des forces Wagner

Le rapport indique par ailleurs avoir documenté de "graves abus" commis par les forces de sécurité maliennes et par des forces présumées de la société de sécurité privée russe Wagner, aux agissements décriés dans différents pays.

La gouvernement provisoire depuis 2020 s'est détourné de la France pour se tourner politiquement et militairement vers la Russie. Il dément la présence de Wagner et parle d'instructeurs de l'armée russe déployés au nom d'une coopération d'État à État.

L'ONU accuse, dans un rapport publié en mai, l'armée malienne et les combattants "étrangers" d'avoir exécuté en mars 2022 au moins 500 personnes lors d'une opération anti djihadiste dans le centre du pays, ce que réfute le gouvernement malien.