Mali : les autorités de transition confirment vouloir le départ de la mission de l'ONU d'ici la fin de l'année

Le gouvernement malien confirme vouloir voir la mission de l'ONU quitter le pays d'ici fin décembre. Cela intervient alors que les Nations unies se sont inquiétées des risques de retard de ce retrait qui exacerbe les tensions dans le nord.

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mali - minusma immersion forces jordaniennes

Photo d’illustration d’éléments de la force de réaction rapide (QRF) jordanienne de la MINUSMA.
 

MINUSMA/Harandane Dicko
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Le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a publié le 14 octobre sur les réseaux sociaux une vidéo de propos tenus la veille lors d'une rencontre avec le corps diplomatique à Bamako. Il y a souligné "l'importance que le gouvernement attache au respect du calendrier de retrait du 31 décembre 2023". "Le gouvernement n'envisage pas d'extension de ce délai. Donc tout doit être fait pour que le travail de la Minusma puisse être clôturé au 31 décembre", a-t-il ajouté.

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Une situation préoccupante

L'ONU avait exprimé le 14 octobre sa préoccupation devant l'escalade militaire dans le nord du Mali et les difficultés causées selon elle par les militaires au pouvoir au retrait en cours de la Minusma. Ces entraves sont susceptibles de remettre en question le calendrier de départ des Casques bleus, a souligné l'ONU.

Les colonels arrivés au pouvoir par la force en 2020 ont réclamé en juin, après des mois de dégradation des relations, le départ de la Minusma déployée depuis 2013 dans ce pays en proie au djihadisme et à une profonde crise multidimensionnelle. La perspective du départ de la Minusma des camps qu'elle occupait a exacerbé les rivalités pour le contrôle du territoire entre acteurs armés présents dans le nord.

Les groupes séparatistes à dominante touareg ont repris les hostilités contre l’État central et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) affilié à Al-Qaïda a multiplié les attaques contre les positions militaires. La confrontation risque de s'aggraver dans les prochaines semaines avec l'évacuation programmée des camps de la Minusma à Tessalit et Aguelhok et surtout Kidal, ville bastion des séparatistes. Une importante colonne de l'armée a pris la route en direction de Kidal.

Qui récupèrera les camps libérés par la Minusma ?

Les rebelles s'opposent à ce que la Minusma remette ses camps à l’État malien. Les forces maliennes "doivent réoccuper toutes les emprises, en particulier les camps libérés par la Minusma", a redit à ce sujet le ministre malien en se réclamant des textes onusiens sur les opérations de maintien de la paix.

L'ONU s'est alarmée de ne pas avoir reçu des autorités maliennes les autorisations pour le déplacement de convois logistiques au départ de Gao, nécessaires au retrait. Le ministre malien a reconnu l'existence de demandes en ce sens de la part de la Minusma ainsi que pour des autorisations de vol. "Nous sommes en train de travailler pour pouvoir trouver des solutions", a-t-il dit.