Mali : les partisans de l'imam Dicko appellent à manifester pour un pouvoir civil

Les partisans d'une importante figure religieuse et politique malienne, l'imam Mahmoud Dicko, appellent à une marche le 13 octobre à Bamako. Ils exigent le retour des civils au pouvoir après le récent report des élections par les militaires.

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Manifestations après le renversement du président Ibrahim Boubacar Keita. Sur la banderole on peut lire "A bas la France et la CEDEAO. Merci Dicko". 21 août 2020.

Manifestations après le renversement du président Ibrahim Boubacar Keita. Sur la banderole on peut lire "A bas la France et la CEDEAO. Merci Dicko". 21 août 2020.

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L'imam Dicko était déjà le leader d'un mouvement de contestation qui a précédé le renversement du président civil Ibrahim Boubacar Keïta par les militaires en 2020.

Mais depuis la prise de pouvoir par les militaires, il a ouvertement exprimé ses désaccords avec le gouvernement provisoire. Il est l'un des rares acteurs politiques capables de mobiliser dans un contexte de restriction des libertés sous le régime militaire, qui a fait emprisonner plusieurs opposants.

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"Cela fait plus de trois ans que la gestion de la transition est confiée à des autorités militaires. Hélas, les raisons pour lesquelles le peuple malien est sorti pour combattre le régime de Ibrahim Boubacar Keïta n'ont pas pu être atteintes", a déclaré à l'AFP Youssouf Daba Diawara, coordinateur de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l'imam (CMAS). "Pour la CMAS, la faute incombe aux tenants du pouvoir", a-t-il ajouté.

Depuis l'arrivée au pouvoir des colonels en 2020, le Mali reste plongé dans la crise. L'économie est en grande difficulté. Les hostilités ont repris avec les groupes séparatistes dans le nord et font ressurgir le spectre d'une partition du pays. Et les attaques des djihadistes continuent sur une grande partie du territoire.

L'imam Dicko s'est opposé ouvertement au référendum sur une nouvelle Constitution en juin dernier. Au retour d'un conférence en Mauritanie, le 22 juin, il s'est fait retirer son passeport à l'aéroport de Bamako. Un membre des services de sécurité s'exprimant sous le couvert de l'anonymat a invoqué des "erreurs techniques" dans le passeport.

L'imam, très écouté au Mali, a pu rentrer chez lui.

Il a été l'un des meneurs d'un front hétéroclite constitué contre une nouvelle Constitution. L'imam et d'influentes organisations religieuses dénoncent le maintien du principe de la laïcité de l'État dans le texte.

Il s'est livré, lors d'une réunion publique pour le non, à une virulente sortie contre la junte qui a "confisqué la révolution du peuple" de 2020 selon lui.

Les militaires s'étaient engagés sous la pression internationale à céder la place après des élections prévues en février 2024. Ils viennent d'annoncer un "léger" report en invoquant des facteurs "techniques". 

La Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS) de l'influent imam estime que ce report "(ouvre) la voie à un maintien au pouvoir qui ne dit pas son nom", déclare-t-elle dans un communiqué reçu ce 6 octobre par l'AFP.

Déjà le 29 septembre, les fidèles de l'imam Dicko affirmaient que la junte "a montré ses limites", et annoncent des actions à venir pour "exiger la mise en place d'une transition civile".

"En ce qui concerne la situation sécuritaire, la CMAS pense que les armes ne sont pas la seule solution possible pour le règlement de la crise", a dit le coordinateur de la CMAS, Youssouf Daba Diawara.