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Mali : les réactions internationales après le nouveau coup de force des militaires

AP Photo.

La situation reste tendue et incertaine à Bamako. Dans la soirée du lundi 24 mai, le président de la transition, Bah N'Daw et son Premier ministre, Moctar Ouane, ont été arrêtés par les militaires, quelques heures à peine après avoir formé un nouveau gouvernement. Un coup de force militaire mené neuf mois seulement après un putsch. Comment la communauté internationale réagit ? Tour d'horizon.

Le président Bah Ndaw et le Premier ministre Moctar Ouane ont passé la nuit aux mains des militaires qui les ont fait conduire de force au camp de Kati, haut lieu de l'appareil de Défense à quelques kilomètres de Bamako, selon une source proche des militaires. Jusqu'à présent les intentions des militaires demeurent inconnues, malgré les spéculations sur une démission forcée des dirigeants de transition, comme cela était advenu en 2012 ou 2020.
 

L'EU "condamne" et la France annonce "des sanctions ciblées"

Les dirigeants européens ont "condamné avec la plus grande fermeté l'arrestation du président et de son Premier ministre", qui constitue "un coup d'Etat dans le coup d'Etat, inacceptable", a déclaré Emmanuel Macron à l'issue d'un sommet européen.

"Nous sommes prêts dans les prochaines heures à prendre des sanctions ciblées" contre les protagonistes, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. La France a également demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. "Nous allons provoquer la réunion ce matin heure de New York (..) pour prendre en considération la grave situation au Mali", a déclaré Jean-Yves Le Drian à l'Assemblée nationale.

La France a condamné "le coup de force" de l'homme fort du pouvoir malien, le colonel Assimi Goïta, et "exigé" la libération du président et du Premier ministre de transition. "La France condamne avec la plus grande fermeté ce coup de force qui s’est déroulé hier au Mali  (...). Nous exigeons la libération des autorités, dont la sécurité doit être garantie, et la reprise immédiate du cours normal de la transition", a déclaré le chef de la diplomatie française à l'Assemblée nationale.

L'ONU appelle au calme 

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé lundi dans un tweet "au calme" au Mali et à la "libération inconditionnelle" de ses dirigeants.

Selon des diplomates, le Conseil de sécurité de l'ONU pourrait tenir une réunion d'urgence dans les prochains jours sur la situation au Mali.

L'UA exige leur libération immédiate

Le président en exercice de l'Union africaine (UA), le président congolais Félix Tshisekedi Tshilombo, a exigé la "libération immédiate et inconditionnelle" des dirigeants de la transition et "condamne fermement toute action visant à déstabiliser le Mali". Il appelle également "tous les acteurs de la transition politique malienne à la retenue ainsi qu'au respect de la Constitution".

M. Tshisekedi a appris avec consternation l'arrestation au Mali du président de la transition, Bah Ndaw, et de son Premier ministre, Moctar Ouane, par des militaires.

Communiqué de presse de la présidence congolaise.

Soutien ferme de la Cédéao et de plusieurs pays

La mission des Nations unies au Mali, la Communauté des Etats ouest-africains (Cédéao), l'Union africaine, la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni l'Allemagne et l'Union européenne ont affirmé dans un communiqué commun "leur ferme soutien aux autorités de la transition". Ils ont rejeté par avance tout fait accompli, y compris une éventuelle démission forcée des dirigeants arrêtés.

Le médiateur de la Cédéao, Goodluck Jonathan, est annoncé dès mardi 25 mai à Bamako, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Dans un communiqué, Londres demande la "libération immédiate" du président et du Premier ministre. 

L'Allemagne a appelé à la "libération immédiate" du président malien Bah Ndaw et de son Premier ministre Moctar Ouane, estimant que l'arrestation des dirigeants de la transition "envoyait un signal catastrophique" au peuple malien et à la communauté internationale.

A re (voir) : Coup de force au Mali : premières réactions internationales

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