Afrique

Mali : les soupçons de fraude électorale réveillent les tensions à Gao

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TV5MONDE

A une semaine du second tour de la présidentielle et du face à face Ibrahim Boubacar Keita et Soumaïla Cissé, les esprits s'échauffent dans la classe politique, mais aussi parmi la population.

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A Gao, plus grande ville du nord malien, les accusations de fraude ravivent les tensions. Comme les trois candidats de l'opposition qui ont saisi la Cour consitutionnelle, la population dénonce elle aussi des bourrages d'urne.

"Les bourrages là, on a appris qu'à Chawagi, quand il y a 5000 personnes, on bourre jusqu'à 6000 personnes. Ca c'est du bourrage ! C'est du bourrage, c'est trop ! On connaît les zones nomades", estime Alassane Maiga, enseignant.

Et dans ce contexte électoral sensible, ces tensions prennent parfois une tonalité ethnique. Une partie de la population n'hésite pas à pointer du doigt les communautés touaregs et arabes, également percues comme la source de l'insécurité qui sévit dans la région."Les touaregs ils sont dans la brousse, c'est eux qui attaquent, les touaregs ils sont sur les routes", croit savoir ce vendeur de souvenir.

Pour le premier tour du 29 juillet dernier, quand 700 bureaux de vote n'ont pas ouvert leurs portes à l'échelle nationale, en raison de violences, le scrutin s'est déroulé dans le calme ici à Gao... Pour autant, quand on les interroge,quel que soit leur bord politique, les habitants ne demandent qu'une seule chose : que le prochain gouvernement leur garantisse la sécurité. C'est ce que demande cet imam :
"Nous quand même à Gao on a beaucoup souffert. La route c'est pas bon, il y a beaucoup de choses qui nous ont manqué, vraiment on a besoin de beaucoup de choses au niveau de Gao, y a pas de sécurité, on nous vole, on nous tire dessus."

C'est donc un vaste chantier qui attend le vainqueur  de cette présidentielle : asseoir l'autorité de l'Etat dans la région et apaiser ces tensions... Le second tour du scrutin se tiendra dimanche prochain, le 12 août...