Afrique

Mali : Paris dénonce une "manipulation" contre l'armée française d'un rapport de l'ONU

Sur cette photo d'archive du 19 mai 2017, un soldat de l'opération Barkhane à Gao, dans le nord du Mali.
Sur cette photo d'archive du 19 mai 2017, un soldat de l'opération Barkhane à Gao, dans le nord du Mali.
© Christophe Petit Tesson / Associated Press

Le chef d'état-major des armées françaises, le général François Lecointre, a dénoncé une "manipulation" et "une attaque" contre la force française Barkhane après une enquête de l'ONU l'accusant d'avoir tué 19 civils réunis pour un mariage au Mali.

"Très clairement, il s’est agi d’une attaque contre l’armée française, contre l'opération Barkhane, contre la légitimité de nos engagements", a-t-il déclaré dans une interview au quotidien français Le Figaro.

Les "erreurs" et les "biais" du rapport de la Direction des droits de l'Homme de la Minusma, la Mission de l'ONU au Mali, "découlent pour une part d’une manipulation", a estimé le général Lecointre.

L'enquête a conclu qu'une frappe aérienne conduite par l'armée française avait visé des civils réunis pour un mariage près de Bounti (centre), et pas seulement des djihadistes comme l'affirme Paris, qui réfute toute bavure.

Les autorités françaises ont toujours assuré qu'il n'y avait pas de mariage, que le renseignement avait "formellement" établi qu'il s'agissait d'un rassemblement de djihadistes et que l'intervention d'une patrouille d'avions français lâchant trois bombes avait "neutralisé" une trentaine de djihadistes.

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"Je pense que nous serons désormais systématiquement confrontés à ce type de tentative pour chercher à nous entraver, à nous discréditer, à délégitimer notre action, à monter les populations contre notre action", a ajouté le chef d'état-major des armées.

Depuis des rébellions indépendantiste puis djihadiste en 2012 dans le Nord, le Mali est en proie à une tourmente multiforme qui a fait des milliers de morts, civils et combattants, et des centaines de milliers de déplacés, malgré l'intervention de forces de l'ONU, africaines et françaises.

La France, qui engage environ 5.100 hommes au sein de Barkhane, a déjà été en butte à des soupçons de bavure, mais jamais à un rapport aussi circonstancié de l'ONU.

La ministre française des Armées Florence Parly a parlé de "guerre informationnelle" que livreraient les groupes jihadistes. Les autorités maliennes avaient fourni une version des évènements cohérente avec celle de la France.

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