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Mali : pressenti pour devenir premier ministre, Choguel Kokalla Maïga cherche à rassurer Paris

Choguel Maïga, pressenti pour devenir chef du gouvernement malien, a tenu à rassurer Paris, le 4 juin à Bamako.
Choguel Maïga, pressenti pour devenir chef du gouvernement malien, a tenu à rassurer Paris, le 4 juin à Bamako.
AFPTV

Choguel Kokalla Maïga, pressenti pour devenir le premier ministre de la transition malienne sous présidence militaire, a voulu rassurer Paris. Il ainsi affirmé que son pays tiendrait ses engagements internationaux au moment où se concrétisait sur le terrain la décision française de suspendre la coopération militaire après deux coups d'Etat. Focus sur un homme politique malien devenu incontournable.

"Nous respecterons nos engagements internationaux qui ne sont pas contraires aux intérêts fondamentaux du peuple malien". C'est par ces mots que Choguel Kokalla Maïga a cherché à rassurer Paris. M. Maïga, qui prenait la parole devant plusieurs centaines de personnes autour du monument de l'Indépendance, a rendu hommage aux soldats français tués au Mali.

Mais "nous devons dire à nos amis : notre peuple a besoin qu'on lui tienne la main", a-t-il déclaré, "les invectives, les sanctions, les menaces ne feront que compliquer la situation".

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Pressenti pour devenir premier ministre

Choguel Kokalla Maïga tient la corde pour être nommé par le colonel Assimi Goïta premier ministre d'un gouvernement censé préparer le retour au pouvoir des civils dans neuf mois après deux putschs. Il pourrait être désigné après l'investiture du colonel Assimi Goïta aux fonctions de président, prévue pour lundi.

De son côté, Paris réclame à présent des garanties qu'un premier ministre civil sera nommé et que des élections auront bien lieu en février 2022 en vue d'un retour des civils au pouvoir.

(Re)lire Mali : Avec Assimi Goïta président, les militaires ne se cachent plus au pouvoir

Choguel Kokalla Maïga, un vétéran de la politique

Choguel Kokalla Maïga est un vétéran de la politique et désormais une figure du mouvement dit du 5-Juin (M5). Agé de 63 ans, l'homme a été candidat à l'élection présidentielle de 2002. Il a surtout été ministre de l'Economie et des Finances de 2015 à 2016 lors de la présidence d'IBK. Il a été ensuite à nouveau été candidat à l'élection présidentielle de 2018.

La nomination d'un chef de gouvernement civil est urgente, après la démission forcée du président de la transition et du premier ministre civils. 

La décision française a déjà commencé à se matérialiser sur le terrain. "Les opérations conjointes Barkhane/FAMa sont arrêtées, les Français continuent seuls", a dit un responsable à l'état-major malien, évoquant la force antijihadiste française et les Forces armées maliennes.

Les grosses opérations communes avec les Maliens en cours, comme Equinoxe, sont suspendues. 

Retrait de l'armée française des opérations avec les forces maliennes : qu'en pensent les Maliens ?

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De facto, Barkhane ne sort plus de ses bases dans le Nord du Mali pour des opérations sur le terrain, dit un diplomate occidental sous le couvert de l'anonymat. Mais elle continuera à frapper, si l'occasion s'en présente, les chefs djihadistes, poursuit-il.

Ces mesures sont "conservatoires et temporaires", a déclaré le ministère français des Armées. Le colonel Goïta a dit en tous cas son intention de confier le poste de premier ministre au M5, un mouvement que lui et les colonels s'étaient initialement employés à marginaliser. Le M5 a choisi M. Maïga pour ces fonctions.

Ce choix a suscité des inquiétudes chez les partenaires du Mali. Parmi elles figurent le respect de l'accord de paix d'Alger longtemps critiqué par Choguel Maïga mais aussi la place qui serait faite à l'influent imam conservateur Mahmoud Dicko, figure tutélaire de la contestation en 2020 qui a pris ses distances depuis et les concessions que les dirigeants maliens seraient tentés de faire aux djihadistes. M. Dicko était absent au rassemblement de vendredi.