Manifestations au Sénégal : le Quai d'Orsay a déposé un signalement contre l'avocat de Sonko

Le ministère français des Affaires étrangères a effectué un signalement aux autorités judiciaires contre l'avocat de l'opposant Ousmane Sonko. Maître Juan Branco a révélé l'identité de fonctionnaires de l'ambassade de France au Sénégal et diffusé leurs coordonnées les accusant d'avoir été complices de la répression policière.

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L'avocat d'Ousmane Sonko, Maître Juan Branco, lors d'un procès au Palais de Justice de Paris en juin 2021. 

L'avocat d'Ousmane Sonko, Maître Juan Branco, lors d'un procès au Palais de Justice de Paris en juin 2021. 

© AP Photo/Francois Mori
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Le Quai d'Orsay "a pris connaissance des accusations graves et infondées portées par Juan Branco, et de ses récentes publications divulguant des informations de nature professionnelle visant des agents français en poste au Sénégal", précise une source au ministère des Affaires étrangères, confirmant une information révélée par la radio privée nationale Europe 1 le 12 juillet.

"Au regard des agissements de M. Branco, le ministère des Affaires étrangères a (...) procédé aux signalements qui s'imposaient auprès des autorités compétentes. Il appartient à ces autorités d'en apprécier la suite à donner".

Sollicité par l'AFP, le parquet de Paris a confirmé le 13 juillet avoir reçu ce signalement, qui est en cours d'examen.

Juan Branco, l'un des avocats de l'opposant sénégalais Ousmane Sonko, a déposé une plainte en France et une demande d'enquête à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye contre le président sénégalais Macky Sall pour "crimes contre l'humanité", après les pires manifestations récentes au Sénégal.

Le ministère français reproche notamment à Maître Branco d'avoir publié les noms de plusieurs agents de l'État, ainsi que leur numéro de téléphone, adresses mail et numéro de matricule.

"Partout où l'intégrité des agents est menacée ou attaquée à l'occasion ou en raison de leur fonction, le ministère des Affaires étrangères leur accorde la protection fonctionnelle", a expliqué le Quai d'Orsay, rappelant qu'il était tenu à une obligation de protection de ses agents.

L'avocat s'est pour sa part indigné de la procédure, estimant que "la France ferait mieux de dénoncer les crimes commis par le régime de Macky Sall plutôt que d'essayer de couvrir son implication". Il est "scandaleux qu'un conseiller technique français soit resté auprès du ministre sénégalais de l'Intérieur pendant toute cette période et ait participé à l'organisation de la répression" au Sénégal, a-t-il déclaré à l'AFP. Ce signalement "confirme que les informations que l'on a révélées sont vraies"

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La condamnation à deux ans de prison de l'opposant Ousmane Sonko avait provoqué de graves troubles au Sénégal, faisant 16 morts officiellement, au moins une trentaine selon l'opposition.

Ousmane Sonko crie au complot pour l'écarter de l'élection présidentielle de février 2024 et son parti estime à plus de 300 le nombre de "détenus politiques". Le pouvoir réfute les deux accusations.

Le 3 juillet, Macky Sall a finalement annoncé qu'il ne se présenterait pas pour un troisième mandat à la présidentielle prévue l'an prochain.