Afrique

Maroc : des dizaines de morts dans l’inondation d’un atelier textile clandestin à Tanger

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Les fortes pluies qui frappent le Maroc depuis le début du mois de janvier ont encore fait des victimes. Ce lundi, à Tanger, 24 personnes sont mortes dans l’inondation d’un atelier textile clandestin situé au sous-sol d’une maison privée.

Ce lundi 8 février, les secours ont repêché 24 corps et secouru dix survivants qui ont été conduits à l'hôpital. Ces personnes travaillaient dans un atelier textile clandestin situé au sous-sol d'une maison privée qui s'est retrouvé inondé. 

Des représentants des autorités, présents sur place, ont fait état de vingt-cinq morts -17 femmes et 8 hommes âgés de 20 à 40 ans - selon un journaliste local joint par l'Agence France Presse.

Des images diffusées par les médias locaux ont montré des secouristes évacuer des corps sur des civières, sous les yeux de riverains traumatisés, avec un ballet d'ambulances dans ce quartier résidentiel du sud de la ville portuaire de Tanger.

Des ouvriers ont pu être sauvés grâce à un habitant du quartier qui les a aidés à s'extraire du sous-sol inondé avec une corde, selon un témoignage recueilli par le journaliste local, corroboré par des images diffusées sur YouTube.

Certains médias locaux font état d'un problème d'électrocution mais cette information n'a pas été confirmée par les autorités.

Travail clandestin

Les recherches se poursuivent encore en ce moment selon l'agence officielle MAP citant les autorités locales.

Une enquête judiciaire a été ouverte "pour élucider les circonstances" et "déterminer les responsabilités" du drame, selon la MAP.

Sur les réseaux sociaux, les internautes s'interrogeaient sur le fait que l'atelier ait pu rester clandestin jusqu'au drame survenu lundi tôt dans la matinée.

Plus de la moitié (54%) de la production du secteur "textile et cuir" du Maroc provient d'unités "informelles", incluant des unités de production "ne répondant pas aux normes légales", selon une étude publiée en 2018 par la Confédération patronale marocaine (CGEM). 

L'économie informelle représentait au total plus de 20% du Produit intérieur brut hors secteur primaire en 2014, soit environ 170 milliards de dirhams (environ 15 millions d'euros), le textile générant 11% de ce volume, selon la même source.

Inondations récurrentes

Après une longue période de sécheresse, le Maroc a connu ces dernières semaines des pluies violentes. Début janvier, les intempéries avaient entraîné des effondrements de maisons vétustes à Casablanca, la capitale économique du pays, faisant au moins quatre morts et plusieurs blessés, selon les médias locaux.

(RE)voir : les pluies diluviennes sèment le chaos à Casablanca

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Les inondations font régulièrement des victimes au Maroc. À la campagne, il s’agit souvent d’une conséquence des crues subites de rivières asséchées. En ville, elles sont causées par un déficit du système d'évacuation des eaux. C'est "le premier risque en termes de personnes tuées au niveau national", selon un rapport consacré aux risques climatiques publié en 2016 par l'Institut royal des études stratégiques (Ires).

En septembre 2019, la crue d'un oued (rivière) avait emporté 24 passagers d'un bus dans la région d'Errachidia (sud-est).

Errachidia : un accident de bus lors d'une crue fait 14 morts et 29 blessés, le 8 septembre 2019. (AP Photo)
Errachidia : un accident de bus lors d'une crue fait 14 morts et 29 blessés, le 8 septembre 2019. (AP Photo)


Quelques jours plus tôt, la montée brutale des eaux sur un terrain de football avait fait sept morts dans la région de Tizert (sud-ouest).

En 2014, des inondations liées à des pluies torrentielles avaient fait une cinquantaine de morts et des dégâts considérables dans le Sud du pays.