Afrique

Maroc : la parole des femmes se libère

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(c) M. NINAUVE / S. DARD / I. TAOUFIQI

Casablanca est-elle encore une ville pour les femmes ?
Au Maroc, beaucoup d'associations de la société civile dénoncent le harcèlement de rue. Face à cela, une websérie veut aider les femmes à se réapproprier l'espace public.

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Reprendre la rue , l'investir, l'occuper quitte à bousculer ceux qui y règnent en maître
L'espace publique devrait appartenir aux femmes, à toutes les femmes.
Et Sonia Terrab a bien l'intention d'imposer cette évidence à une société marocaine qui a bien du mal à l'envisager.
 
On vit tous dans le même espace, cette rue elle appartient à tout le monde, et c'est important qu'on puisse se l'approprier, pour qu'on puisse nous comprendre, nous tolérerSonia Terrab, réalisatrice de "Marokkiat"
Et pour se faire, la réalisatrice a choisi un procédé narratif sans "chichis", brut,
en pleine rue, une rue authentique, populaire. C'est camera sur pied, toujours le même cadre, la même image, que pendant une minute des femmes se livrent sans fard.

C'est le cas de Gizlaine, violée à 5 ans sans jamais avoir pu vraiment le dire, de peur peut-être de ne pas être entendue. Pour Sonia Terrab, le temps du silence et de la culpabilité est révolue.
Le vrai problème au Maroc c'est l'auto-censure et nous on se bat contre cela. Déjà qu'il est difficile de parler de certaines choses, si nous même on se met des freins, on ne va plus pouvoir avancerSonia Terrab, réalisatrice de "Marokkiat"
Sonia Terrab poursuit sa démarche avec Rihab, Selma, Fatma, une étudiante,  une vendeuse, une retraitée, une femme voilée, une femme tatouée, une femme bisexuelle. Toutes ont des choses à dire sur ce que signifie être une femme dans leur pays.

Des témoignage de Marokkiat, les marocaines postés sur facebook ont eu plus de 6 millions de vues. Une brèche dans laquelle des centaines de femmes s'engoufrent comme Salima, harcelée quotidiennement dans la rue, a force d'écouter les histoires de ses paires, elle aussi, a voulu dire sa réalité.
 
Il m'a suffit de voir d'autres vidéos pour avoir eu envie de participer. C'est impactant et ça sert de voir des gens parler, et qui nous touchent, on a l'impression de s'identifier à euxSalima, témoin dans "Marokkiat"
12 épisodes des Marokkiat sont déjà disponibles, Sonia  Terrab pense déja à la suite, un documentaire sur 3 de ses héroines dont Salima et Ghizaine. Mais pas de misérabilisme en vue, juste des portraits de femmes bien décidées à vivre sans plus avoir à se cacher.