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Coupe du monde 2022 : pour le Maroc, les recettes gagnantes de Walid Regragui

AI / Reuters / Panoramic

Le Maroc disputera les huitièmes de finale de la Coupe du monde pour la première fois depuis 1986. Sortis d'une poule relevée, avec la Croatie, la Belgique et le Canada, les Lions de l'Atlas doivent cette réussite aux convictions de leur sélectionneur, Walid Regragui. Nommé fin août à la place de Vahid Halilhodzic, le technicien franco-marocain voit ses choix et sa méthode couronnés de succès.

Porté en triomphe par ses joueurs sur la pelouse du stade d'Al-Thumana comme s'il avait gagné une finale, Walid Regragui est le héros du jour. Sous ses ordres, le Maroc s'est qualifié pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde, qui les verront défier l'Espagne. Les Lions de l’Atlas ont décroché leur ticket en disposant du Canada (2-1) lors de la troisième journée, après avoir accroché la Croatie, finaliste sortante, et battu la Belgique, tête de série. Mieux, les quart-finalistes de la dernière CAN terminent à la première place du groupe F, avec sept points au compteur, pour un bilan d’un nul et deux victoires, avec quatre buts marqués et un seul encaissé.

36 ans après

Romain Saïss et ses coéquipiers font ainsi aussi bien que leurs illustres prédécesseurs du Mondial 1986, les Badou Zaki, Aziz Bouderbala et autre Merry Krimau, qualifiés eux aussi sans perdre dans un groupe très relevé, avec l’Angleterre, le Portugal et la Pologne. Ils sont également la première équipe africaine à remporter sa poule de Coupe du monde depuis le Nigeria lors de l’édition 1998. Les Super Eagles avaient fait de même en 1994, avec un nombre de points égal à ceux de la Bulgarie et de l’Argentine, tout comme le Cameroun de Roger Milla en 1990.

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Nommé sélectionneur en août dernier, Walid Regragui n'a eu que onze semaines pour préparer cette expédition au Qatar. Façonnés par les trois années de règne de Vahid Halilhodzic, les Lions de l'Atlas n'ont pas radicalement changé en un délai aussi réduit. Pragmatique, le technicien de 47 ans a en revanche su dégager une organisation claire, un schéma maîtrisé et un onze type, dans lequel le revenant Hakim Ziyech n'éclipse pas les dix autres joueurs malgré sa montée en puissance, pas davantage que les titulaires n'occultent les occupants du banc, qui bénéficient d'un coaching souvent judicieux.

on n’a encore rien fait. Si on veut encore passer un cap, il faut vite qu’on récupère et qu’on se prépare bien pour entrer encore plus dans l’histoire

Walid Regragui, sélectionneur marocain

« Regragui sait tirer le meilleur de son groupe »

Une force collective symbolisée par la victoire sur la Belgique (2-0), lors d'une deuxième journée charnière. « Après un gros travail de toute l’équipe, les deux buts sont marqués par des remplaçants, Abdelhamid Sabiri et Zakaria Aboukhlal. Cela démontre la solidarité et l’état d’esprit qui règnent dans ce groupe », souligne Jamel Aït Ben Idir. Proche de Walid Regragui, qui l'entraîna au FUS Rabat, l'ancien milieu de terrain international voit en le natif de Corbeil-Essonnes un vrai meneur d'hommes, juste et lucide. « Walid (Regragui) est quelqu’un qui sait tirer le meilleur de son groupe, qui a cerné ses qualités mais aussi ses limites », poursuit Jamel Aït Ben Idir, avant de définir la recette des succès marocains : « Respecter l’adversaire, jouer avec beaucoup d’humilité et de solidarité et présenter cette force collective. »

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Qualifiés sous la poigne ferme de Vahid Halilhodzic, les Marocains enchaînent donc les performances avec son successeur à la baguette inspirée. « Quand je suis venu ici, l’idée était de passer un cap, de changer la mentalité, qui était de juste participer. Aujourd’hui, je suis vraiment heureux pour les gars, ils se sont battus, ils ont cru au projet. Arriver ici en mode kamikaze (sic), ce n’était pas facile, a expliqué Walid Regragui au micro de BeIN Sports après la qualification de ses hommes... Mais on n’a encore rien fait. Si on veut encore passer un cap, il faut vite qu’on récupère et qu’on se prépare bien pour entrer encore plus dans l’histoire. » Opposés mardi à l'Espagne, qui plafonne après des débuts en fanfare, les Lions de l'Atlas ne sont pas rassasiés. Le rêve est permis.