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Maroc : mouvement de protestation contre les condamnations des meneurs du Hirak

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© TV5MONDE / E. GODARD, m. MORMIL

Des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Rabat, au Maroc, ce dimanche 15 juillet. Les manifestants dénonçaient la condamnation des meneurs du mouvement de protestation appelé Hirak qui avait agité la région du Rif en 2016 et 2017.

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Les mères sont en tête de cortège indignées par le verdict. Le 26 juin dernier, la justice marocaine a condamné 53 activistes du noyau dur du Hirak à des peines allant de 1 à 20 ans de prison. Le chef de file du mouvement, Nasser Zefzafi, et trois de ses compagnons ont écopé du maximum.

La mère de Naser Zefzafi, Zoulikha Si Haddou exprime sa colère : “C'est une tragédie. Quand j'ai entendu le verdict, je me suis sentie malade et pourtant je dis que cet homme a fait ce que personne d'autre n'a fait auparavant et je suis fière de lui. Nos enfants n'ont commis aucun crime, ils n'ont tué personne, ils n'ont volé personne, ils défendaient juste leurs droits”.

Crise politique, économique et sociale

La foule a défilé de la place Bab El Had près de la médina jusqu'au parlement, sans aucun incident. Dans les rangs, la présence notable du mouvement islamiste Justice et dignité, le plus important du pays.

"Ces sentences sont injustes et n'ont qu'un seul objectif : la vengeance. Nous les déplorons et les dénonçons, nous demandons aussi qu'elles soient révisées immédiatement et que l'Etat se réconcilie avec le peuple en lui accordant ses droits au lieu de l'opprimer", déclare Mohamed Abbadi, secrétaire général du mouvement islamiste, Al Adl Wal Ihsan.

Entre 2016 et 2017, la région du Rif, dans le nord du pays, avait été agitée par un mouvement de contestation. À l’origine ? La mort d'un vendeur de poissons qui s'opposait à la saisie de sa marchandise. Au fil des mois, la protestation a pris une tournure sociale et très politique.

"Nous vivons une crise politique, économique et sociale. Nous l'avons toujours dit et le répétons aujourd'hui, l'avancée du pays commencera avec la libération des détenus du Rif et des autres régions", commente Omar Balafrej, député de la Fédération de la Gauche Démocratique (FGD).

Tous les détenus ont décidé de faire appel du verdict.