Afrique

Maroc : nouvelle audience pour le journaliste Soulaimane Raissoumi qui se clame innocent

Manifestation en soutien aux journalistes Omar Radi et Soulaimane Raissouni le 25 mai 2021 à Rabat. Soulaimane Raissouni (dont on voit le portrait sur l'affiche tenue par un homme sur la photo) comparait en appel ce 10 janvier 2022 à Casablanca. Il a été incarcéré le 22 mai 2020 accusé d'agression sexuelle.
Manifestation en soutien aux journalistes Omar Radi et Soulaimane Raissouni le 25 mai 2021 à Rabat. Soulaimane Raissouni (dont on voit le portrait sur l'affiche tenue par un homme sur la photo) comparait en appel ce 10 janvier 2022 à Casablanca. Il a été incarcéré le 22 mai 2020 accusé d'agression sexuelle.
© AP Photo/Mosa'ab Elshamy

Le journaliste marocain Soulaimane Raissouni clame son innocence lors de sa comparution ce 10 janvier devant la cour d'appel de Casablanca. Incarcéré le 22 mai 2020, le journaliste a été condamné à cinq ans de prison pour "agression sexuelle". Il avait entamé une grève de la faim un an plus tard, en mai 2021, protestant de son innocence. Son procès en appel a été reporté maintes fois comme le dénonce l'ONG Reporter Sans Frontières.

Connu pour ses éditoriaux critiques envers les autorités, Soulaimane Raissouni, 49 ans, est accusé d'"agression sexuelle" par un jeune militant LGBTQ. Des faits qu'il conteste, assurant qu'il est poursuivi "à cause de ses opinions".

Arrêté en mai 2020, l'ancien rédacteur en chef d'Akhbar Al Yaoum, un journal en cessation de paiements depuis mars dernier, avait boycotté son procès en première instance (février-juillet 2021).

(RE)lire : Maroc : le journaliste Soulaimane Raissouni condamné à 5 ans de prison, un "procès politique" selon ses soutiens

Ce 10 janvier, devant la cour d'appel, il a catégoriquement nié avoir eu "une quelconque relation" avec le plaignant, un militant des droits des minorités sexuelles au Maroc, et l'avoir "harcelé, séquestré et agressé", selon un journaliste de l'Agence France Presse présent à l'audience.

Le juge l'a notamment interrogé sur un post Facebook dans lequel le plaignant l'accuse, sous pseudonyme, de l'avoir violé à son domicile, ainsi que sur des conversations qui prouveraient qu'il "harcelait" son accusateur.

"Je n'ai rien à voir avec ces documents", a répondu Soulaimane Raissouni qui s'est efforcé de convaincre le tribunal d'"incohérences" et de "contradictions" dans les déclarations du plaignant.

Le juge a décidé de poursuivre son interrogatoire le 17 janvier.

Incarcéré depuis le 22 mai 2020, le journaliste a semblé en bonne santé après avoir engagé une grève de la faim l'été dernier pour protester contre son arrestation, ce qui l'avait empêché d'assister à la plupart des audiences de son procès. 

Il avait fini par suspendre sa grève de la faim au bout de 122 jours à la suite d'appels de ses défenseurs au Maroc et à l'étranger, avant d'être brièvement hospitalisé.

La justice a rejeté toutes ses demandes de remise en liberté.

Son comité de soutien au Maroc a dénoncé un procès "à caractère politique et revanchard". Reporters sans Frontières (RSF) a réclamé un procès "équitable".

Le porte-parole du département d'État américain avait aussi critiqué sa condamnation le 12 juillet 2021 demandant à ce qu'il ait un procès équitable :

Les autorités marocaines, elles, affirment que M. Raissouni a bénéficié d'un procès "équitable" et que les poursuites "n'ont rien à voir avec son travail journalistique".

Lors du procès, le plaignant a plaidé pour son "droit à la justice", en niant toute instrumentalisation visant à cibler le journaliste.

(RE)voir : Maroc : Omar Radi et Soulaimane Raissouni journalistes en détention depuis des mois

Chargement du lecteur...