Afrique

Mauritanie : le militant anti-esclavagiste et candidat Biram Dah Abeid emprisonné

Chargement du lecteur...
©TV5MONDE / Reportage : C. Zein Lessem - Commentaire : K.G. Barzegar - Montage : L. Bellon

Le président du mouvement abolitionniste IRA, tête de liste de son parti pour les élections législatives, a été incarcéré lundi 13 août 2018, à trois jours du début de la campagne prévu vendredi 17 août 2018. Il est accusé d'injure, menace et incitation à la haine par un journaliste mauritanien. Ses partisans dénoncent une maneouvre politique.

Leur slogan : "on résiste, on résiste!". Devant le tribunal de la Moughataa d'Arafat, à Nouakchott, ils ne sont qu'une poignée à manifester pour demander la libération immédiate de leur chef, Biram Dah Abeid. Le militant anti-esclavagiste, président du mouvement abolitionniste IRA, a été arrêté mardi dernier, 7 août 2018, chez lui par des policiers.

Monsieur Birham a pris bien la précaution de leur poser la question. Ils ont dit qu'ils lui demandent de l'accompagner au commissariat et que c'est un ordre qui est venu d'en haut. Depuis lors, sa famille n'a pas accès au leader.Jemal Bechir, militant du mouvement IRA

Après six jours de garde à vue, au lieu des 48 heures légales, Biram Dah Abeid a été inculpé et emprisonné lundi pour "atteinte à l'intégrité d'autrui et menace d'usage de la violence".

A l'origine de cette condamnation, une action en justice d'Abdallah Deddah, journaliste mauritanien et auteur d'un documentaire sur l'alliance -récente- entre le parti baassiste Sawab et le mouvement IRA . Après diffusion du film, les deux hommes ont eu un désaccord sur le contenu éditorial.

M. Biram alors a distribué des messages à travers les réseaux sociaux à ses partisans les incitant à m'attaquer, ce qui a été fait. Et j'ai passé quelques deux semaines sans dormir, ni moi ni ma famille parce que M. Birham avait distribué mes numéros et whatsapp à ses partisans.Abdallah Deddah, journaliste et plaignant

Abdallad Deddah a porté plainte pour injure, menace et incitation à la haine. Une affaire a priori d'ordre privé, seulement ce jugement survient à trois jours du lancement de la campagne des élections législatives, où Biram Dah Abeid se présente en tête de liste. D'où la colère de ses partisans qui dénoncent une machination politique.

Le mouvement va aller de l'avant. Que Birham soit emprisonné ou qu'il soit libéré, il sera député et nous, nous serons derrière lui.Hamady Lehbouss, membre du directoire du mouvement IRA

Cette condamnation va-t-elle annuler sa candidature? Sur ce point, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est formelle.

Il a présenté les trois pièces essentielles demandées pour la candidature, dont notamment le casier judiciaire vierge. Et il s'est présenté lui-même et a signé sa propre candidature dans le cadre de sa liste. La CENI ne peut absolument que valider sa candidature comme une candidature valable. Le reste ne la concerne absolument pas.Mohamed Vall Bellal, président de la CENI

Lauréat du prix des droits de l'homme de l'ONU, Biram Dah Abeid a été accusé et emprisonné à maintes reprises pour atteinte à la sûreté de l'État.