Afrique

Migrants : Au Ghana, partir malgré la croissance

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(c) M. MORMIL / I. TAOUFIQI

C'est un pays qui fait rêver toujours plus d'Africains. Un taux de croissance de 8%, un chef d'état champion de l'indépendance face à l'Occident. Pourtant au Ghana, les candidats à l'exil européen ne se découragent pas.

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Ernest Yaw Owusu a de l'or dans les mains, ce mécanicien peut redonner à une carcasse inerte, une nouvelle vie. Mais son talent  lui rapporte à peine de quoi manger et pas assez de clients.

Son obsession quotidienne c'est d'économiser assez d'argent pour gagner la Lybie, pour ensuite traverser la méditerranée. Le risque, les dangers, les violences qui l'attendent, il ne veut pas en entendre parler.
 
 Nous dire que c'est dangeureux mais au Ghana c'est tout aussi dangeureux parce qu'il n'y a pas de travail. Pourquoi rester ici? J'ai des enfants, ma mère et ma famille. Je sais qu'il y a un danger mais si je n'y vais pas, où je vais trouver de l'argent et du travail ? Ernest Yaw Owusu, mécanicien
Pourtant sur le papier, le ghana fait rever. Grâce à son pétrole et son gaz naturel, le pays devrait connaître le taux de croissance le plus élevé au monde, + 8,3% en 2018.
Pourtant beaucoup, comme Albert Oppong ne voient rien venir.
 
Si vous savez que vous venez d'un milieu pauvre, la seule chose que vous pouvez faire c'est aller en Europe pour changer de famille et de vie. A condition seulement de ne pas se faire tuer ou de se noyer en mer. Albert Oppong, commerçant
Pour d'autres, prendre le risque de se noyer en mer, Bismark Yemoah, n'y pense pas un seul instant. Le gouvernment a promis la création d'emplois pour 100.000 jeunes diplômés comme lui et il a déja postulé.
 
C'est un programme pour les diplômés et le salaire maximum que vous pouvez gagner est de 130 euros. Je pense que c'est la meilleure approche pour soutenir les chômeurs au Ghana pendant un certain temps.Bismark Yemoah, diplômé en comptabilité et en commerce
Le président ghanéen Nana Akufo-Addo avait avait affirmé  en 2017 vouloir " convaincre la jeunesse que les opportunités sont au Ghana."
Encore faudrait-il offrir à cette jeunesse,en grande majorité sans diplômes, de véritables raisons de rester.