Afrique

Mort de 13 soldats français au Mali : le groupe EI affirme avoir causé la collision, la France dément

La ministre de la Défense française se recueille devant les cercueils des treize soldats tués dans la collision de deux hélicoptères au Mali, mercredi 27 novembre 2019.
La ministre de la Défense française se recueille devant les cercueils des treize soldats tués dans la collision de deux hélicoptères au Mali, mercredi 27 novembre 2019.
AP

Le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a affirmé jeudi avoir provoqué la collision entre deux hélicoptères français dans laquelle 13 soldats ont trouvé la mort au Mali, en forçant un des appareils à battre en retraite après une embuscade. Une information démentie par la France ce matin.

Dans un communiqué publié sur ses chaînes Telegram habituelles, le groupe EI a affirmé avoir tendu une embuscade à un convoi de soldats français dans la région de Ménaka, et des affrontements ont éclaté.

Les deux hélicoptères militaires français sont entrés en collision lundi durant une opération de combat de nuit contre des jihadistes dans le sud du Mali en guerre.
Selon l'armée française, ils avaient été appelés en appui de commandos parachutistes engagés contre des ennemis, dans un secteur où la force antijihadiste française Barkhane mène régulièrement des opérations contre les groupes armés, dont le groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).


La France dément l'information


Dans une interview à Radio France Internationale, le général François Lecointre a démenti l'affirmation avancée la veille par le groupe État islamique, qui se réjouissait que des tirs de jihadistes avaient mené à la collision.

"C'est absolument faux", a-t-il déclaré. "Ce qui est vrai, c'est qu'il y a eu collision dans une opération de combat très complexe, qui nécessite (...) une très fine coordination."

"Il n'y a pas eu de prise à partie par les jihadistes qui étaient poursuivis et marqués au sol. Il n'y a pas eu de retrait d'un appareil face à un tir de jihadistes", a encore affirmé le général Lecointre.

"L'armée française dit la vérité: nous la devons à nos soldats et aux familles de nos compagnons qui sont morts", a-t-il assuré. "Les enquêtes ne sont pas terminées, les boîtes noires vont être exploitées pour avoir les détails précis de la manière dont nos soldats sont morts".

Les membres de l'équipe de commando qui étaient dans l'un des appareils accidentés, l'hélicoptère Cougar, étaient une équipe d'extraction, présente comme le veut la procédure pour appuyer les équipages des hélicoptères d'attaque Tigre au cas où l'un d'eux devrait se poser en urgence.

Ces commandos, membres des chasseurs alpins "ne venaient pas d'être embarqués ou débarqués de leur appareil", a encore indiqué le général.
 

Les deux boîtes noires récupérées

Les deux boîtes noires des hélicoptères ont été récupérées pour être analysées.

Un hélicoptère transportant des renforts pour aider les troupes au sol a tenté d'atterrir sur le lieu de l'embuscade, mais "les soldats du califat" ont tiré en direction de l'appareil, le forçant à se retirer et au final il est entré en collision avec un autre hélicoptère causant la mort de 13 soldats", selon le communiqué.

Ces hommes, tous officiers et sous-officiers, servaient au 5e régiment d'hélicoptères de combat (5e RHC), au 4e régiment de chasseurs (4e RCH), au 93e régiment d'artillerie de montagne (93e RAM) et à la Légion étrangère.


La plus grande perte de l'armée française depuis 1983


La ministre française des Armées Florence Parly s'est inclinée mercredi au Mali devant les cercueils des 13 militaires.
Une cérémonie d'hommage national, présidée par le président Emmanuel Macron, aura lieu lundi aux Invalides, symbole militaire à Paris, qui accueille depuis le XVIIe siècle anciens combattants et blessés de guerre et abrite le tombeau de Napoléon Ier.

L'armée française a subi avec ce drame une de ses plus grandes pertes depuis l'attentat contre le QG français Drakkar à Beyrouth en 1983, qui avait fait 58 morts.
L'opération française Barkhane mobilise 4.500 hommes dans la bande sahélo-saharienne. Mais, après six ans de présence ininterrompue, l'horizon est de plus en plus obscurci.

Les violences jihadistes persistent dans le nord du Mali et se sont propagées au centre du pays ainsi qu'au Burkina Faso et au Niger voisins. Les pertes sont de plus en plus lourdes pour les armées locales, débordées.