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Niger : 11 morts dans des attaques dans la région de Tillabéri près du Mali

© TV5 MONDE
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Ce jeudi 25 mars, des élus locaux ont annoncé que des attaques ont eu lieu contre trois villages de la région de Tillabéri , près de la frontière avec le Mali, faisant 11 victimes. La région de Tillabéri, située dans la zone dite "des trois frontières" entre Niger, Mali et Burkina Faso, est régulièrement frappée par les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l'État islamique (EI).

"Les assaillants sont venus sur plusieurs motos aux environs de 17h00 locales (16H00 GMT). Ils ont tué trois personnes à Zibane-Koira Zéno, une autre à Zibane Koira-Tégui et sept autres encore à Gadabo, avec un blessé", a déclaré à l'Agence France Presse un élu de la zone sous couvert d'anonymat.

Les assaillants "ont encerclé les villages" et "ceux qui ont cherché à fuir ont été poursuivis et tués. Ils ont emporté des animaux, incendié des classes d'une école et saccagé un centre de santé" qui procure des soins à plusieurs villages de la zone, a ajouté ce même élu.

"Il y a eu effectivement onze morts dans les trois attaques", a confirmé une source proche du chef d'un des villages attaqués, réfugié à Niamey "à cause de l'insécurité".

Les trois villages, situés dans une zone difficile d'accès, sont distants de quelques kilomètres.

Il faut voir ces attaques comme une forme de punition collective contre ces communautés où une résistance s'organise

Ibrahim Yahaya Ibrahim, chercheur à International Crisis Group (ICG)

En mai 2020, vingt personnes avaient été tuées dans ces mêmes trois villages, au cours d'attaques menées par des hommes lourdement armés venus à moto et qui avaient ensuite fui en direction du Mali, selon les autorités.

Les attaques contre des civils se sont multipliées depuis le début de l'année au Niger : plus de 300 personnes ont été tuées lors de raids contre des villages et des campements de l'ouest du pays, frontalier du Mali. Aucun n'a été revendiqué.

Tout récemment, le 21 mars, une nouvelle descente dans la région de Tahoua, dans trois villages touareg et des campements alentour a fait 137 morts en quelques heures.

(RE)voir : Niger : plus de 200 morts en seulement six jours dans des attaques

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Dans la région de Tahoua, comme dans celle de Tillabéri, toutes deux proches du Mali, il y a des "embryons de constitution de milices de résistance", explique Ibrahim Yahaya Ibrahim, chercheur à International Crisis Group (ICG). "Il faut voir ces attaques comme une forme de punition collective contre ces communautés où une résistance s'organise".

Les populations de ces régions rurales et pauvres subissent la pression des djihadistes de l'EI par le prélèvement de l'impôt islamique, appelée la zakat, l'enrôlement et la radicalisation des moeurs.

"Les menaces de mort à l'endroit de ceux qui ne paient pas (la zakat) créent la psychose au sein des communautés", explique un récent rapport humanitaire. Certains se défendent en prenant les armes, suivant une logique souvent communautaire.

"Je ne suis pas du tout rassuré", admet Adamou Oumarou Mamar, coordonnateur d'un Collectif de la société civile de Tillabéri, car le conflit est en train de prendre "une autre tournure où des ethnies sont visées".

(RE)voir : Niger : un forum de réconciliation pour faire face aux djihadistes
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