Afrique

Niger : Mohamed Bazoum déclaré vainqueur de l'élection présidentielle

Mohamed Bazoum, alors vice-premier ministre du Niger, s'adresse à la 68e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le 27 septembre 2013 à New York, Etats-Unis.
Mohamed Bazoum, alors vice-premier ministre du Niger, s'adresse à la 68e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le 27 septembre 2013 à New York, Etats-Unis.
© AP Photo / Eduardo Munoz

Le candidat du pouvoir, Mohamed Bazoum, est déclaré vainqueur de l'élection présidentielle avec 55,75% des voix au second tour, selon des résultats provisoires annoncés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ce mardi 23 février 2021. Le candidat de l'opposition, Mahamane Ousmane, remporte, lui, 44,25%. L'opposition dénonce "un hold-up" électoral et exige "la suspension immédiate de la publication des résultats".

Ces "résultats sont provisoires et doivent être soumis à l'analyse de la Cour constitutionnelle", a déclaré Issaka Souna, président de la Céni, devant le corps diplomatique et les autorités nigériennes rassemblés au Palais des congrès de Niamey.

La vraie réussite du scrutin dans ce pays sahélo-saharien à l'histoire marquée par les putschs et déjà confronté à de multiples défis - dont celui des attaques djihadistes - réside dans l'acceptation des résultats par toutes les parties une fois les résultats annoncés, selon de nombreux observateurs.

L'opposition dénonce "un hold-up électoral"


L'opposition a immédiatement dénoncé "un hold-up" électoral lors du second tour de la présidentielle au Niger, exigeant "la suspension immédiate de la publication des résultats" qui ne sont pas encore connus.
 

"Je demande à tous les Nigériens (...) de se mobiliser comme un seul homme pour faire échec à ce hold-up électoral", a déclaré à la presse Falké Bacharou, directeur de campagne du candidat d'opposition Mahamane Ousmane qui était opposé à Mohamed Bazoum, candidat du pouvoir.

Il a estimé que "les résultats en cours de publication ne sont pas dans beaucoup de cas conformes à l'expression de la volonté du peuple".  Le président sortant Mahamadou "Issoufou et son camp persistent à défier le peuple souverain du Niger", a-t-il accusé. Il s'exprimait à Niamey dans une ambiance surchauffée du siège d'un parti allié où des jeunes militants craient "Tchanji!", le "changement" en langue haousa.

Après cette déclaration, des dizaines de jeunes armés de bouts de bois ont brûlé des pneus et crié vouloir prendre la route de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) où les résultats provisoires définitifs doivent être annoncés dans la soirée, a constaté l'AFP.

L'immense majorité des résultats par commune ont été publiés sur le site de la Céni et ils donnent Mohamed Bazoum gagnant.

Un second tour endeuillé par la mort de plusieurs agents électoraux

En dépit de l'insécurité provoquée par les djihadistes dans leur pays, les électeurs du Niger ont voté dimanche pour le second tour qui opposait le favori Mohamed Bazoum, fidèle du sortant Mahamadou Issoufou, et l'opposant Mahamane Ousmane.

Bazoum avait récolté 39,3% des suffrages au premier tour du 27 décembre 2020, Ousmane presque 17%.

Entre les deux tours, l'opposition avait déclaré qu'elle ne reconnaîtrait pas les résultats si elle les estimait entachés de fraudes. Elle avait déjà dénoncé de présumées fraudes lors du premier tour, mais avait été déboutée par la justice.

Si elle boycottait sa participation à la Céni au premier tour, elle l'avait finalement rejointe pour le second. "Tout est en place pour que le scrutin soit transparent", avait indiqué une source proche du parti au pouvoir.

Le second tour a été endeuillé par la mort d'au moins huit agents électoraux: le véhicule de sept d'entre eux a sauté sur une mine dans la région de Tillabéri (ouest, frontalière du Mali et du Burkina Faso dans la zone dite des "trois frontières"), un autre a été tué dans la région de Diffa (sud-est frontalier du Nigeria).

(RE)voir : Élection au Niger : mort de plusieurs membres de la Commission électorale

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La zone des "trois frontières" est la cible des attaques de groupes jihadistes affiliés à l'organisation Etat islamique, l'est étant lui frappé par des attaques des jihadistes nigérians de Boko Haram.

Le président Mahamadou Issoufou, 68 ans, ne se représentait pas à l'issue de ses deux mandats constitutionnels.

(RE)voir : Mahamadou Issoufou : "La transition démocratique au Niger est ma plus grande réalisation"

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C'est la première fois que deux présidents élus se succèdent dans ce pays à l'histoire jalonnée de coups d'Etat depuis son indépendance de la France en 1960.