Afrique

Niger : une saison des pluies parmi les plus meurtrières de l'histoire du pays

Des inondations suite à de fortes pluies avaient déjà frappé le Niger en septembre 2020 comme on le voit sur cette capture d'écran AFP de Niamey. Les inondations avaient fait à l'époque 65 morts, détruit 34.000 maisons et cases et submergé 5.768 hectares.
Des inondations suite à de fortes pluies avaient déjà frappé le Niger en septembre 2020 comme on le voit sur cette capture d'écran AFP de Niamey. Les inondations avaient fait à l'époque 65 morts, détruit 34.000 maisons et cases et submergé 5.768 hectares.
capture d'écran AFP vidéo

Les fortes pluies qui s'abattent sur le Niger depuis juin et les graves inondations qu'elles engendrent ont fait 159 morts et plus de 225.000 sinistrés, faisant de cette saison des pluies l'une des plus meurtrières de l'histoire dans ce pays au climat habituellement sec.

La saison des pluies actuelle au Niger est l'une des plus meurtrières de l'histoire du pays au climat habituellement sec. Selon les chiffres des services de la Protection civile communiqués ce 19 septembre à l'AFP, 159 décès ont été enregistrés, 121 dans l'effondrement d'habitations et 38 par noyade.

185 personnes ont été blessées et 225.539 personnes sinistrées, a-t-on appris de même source.

Une situation qui rappelle dans une certaine mesure les inondations qu'avait connues le pays en juin 2020.

(RE)voir : Niger : inondations meurtrières et crues inédites
 

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Le bilan de ces intempéries s'aggrave de semaine en semaine : le précédent, daté du 4 septembre faisait état de 103 morts et 140.000 sinistrés.

Les environs des villes de Maradi (centre-sud, 68 morts), Zinder (centre-est, 48 morts), Dosso (sud-ouest, 18 morts) et Tahoua (ouest, 16 morts) sont les zones les plus touchées. 

Les pluies ont en outre détruit totalement ou endommagé plus de 25.900 habitations (maisons, cases et abris), 71 salles classes, 6 centres de soins médicaux et 210 greniers à céréales. Près de 700 têtes de bétail ont également été décimées.

Les intempéries ont aussi favorisé l'apparition d'insectes "ravageurs" de cultures, a alerté le ministère nigérien de l'Agriculture qui assure avoir traité les zones infestées à l'aide d'insecticides. 

Les services météorologiques annoncent de  nouvelles "fortes pluies" jusqu'à la fin septembre. C'était le cas il y a deux ans, en 2020. 

Voir : Inondations au Niger : les habitants attendent leur relogement

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A Niamey, la capitale de deux millions d'habitants, jusqu'ici relativement épargnée, les autorités redoutent fortement une crue du fleuve Niger, si les pluies se poursuivent. 

Les services de la Protection civile diffusent des messages en appelant les habitants à la "vigilance" et "à évacuer les zones inondables".

La saison des pluies - entre juin et septembre - fait régulièrement des morts au Niger, y compris dans les zones désertiques du nord, mais le bilan est particulièrement lourd cette année. 

En 2021, 70 personnes étaient décédées et 200.000 sinistrées.

Le Niger traverse déjà une grave crise alimentaire avec, selon les autorités sanitaires, plus de 4,4 millions de personnes en insécurité alimentaire "sévère", soit 20% de la population. 

Ce pays pauvre au climat aride souffre de mauvaises récoltes auxquelles s'ajoutent des violences jihadistes récurrentes, notamment contre les paysans.