Afrique

Nigeria : affrontements entre religieux chiites et forces de l'ordre à Abuja

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C'est un foyer de tensions qui commence à interpeller au Nigeria : au moins six manifestants d'un groupe religieux chiite ont été tués en quelques jours par les forces de l'ordre à Abuja. Ils réclamaient la libération de leur leader, Ibrahim Zakzaky, incarcéré depuis trois ans.

 

Ils savaient qu'il y avait des risques de se faire tuer mais ils ont tenu à marcher quoi qu'il en coûte.
Depuis samedi, des centaines de partisans  du Mouvement Islamique du Nigeria, des chiites, manifestent à Abuja pour demander la libération de leur chef, Ibrahim Zakzaki en prison depuis 2015,  sans procès.
Depuis samedi, c'est à balles réelles que la police a choisi de disperser les manifestants.
Six morts seulement selon l'armée nigerianne. de la légitime défnse contre des manifestants armés selon les militaires.
Le correspondant de l'AFP affirme de son coté n'avoir vu aucune arme circuler.
Quant au nombre réel de mort, le mouvement parle de 26 victimes
des morts qui ne les empecheront pas de continuer à manifester.
La protestation continuera jusqu'à ce que notre chef soit libre. Si quelqu'un ne veut pas nous voir dans la rue d'Abuja ou ailleurs, libérez notre chef comme le tribunal l'a ordonné.
Ibrahim Musa, Porte-parole du Mouvement islamique au Nigeria (IMN)

Un tribunal a en effet ordonné sa libération fin 2016 dénonçant une détention illégale
mais rien n'y a fait.

Visiblement les autorités nigériannes ont  peur de Zakzaki. Le sheikh à la tête du mouvement chiite se revendique du modèle iranien, et conteste le régime en place.
A terme il rêve d'instaurer une république islamique au Nigeria.
Les chhiites sont pourtant très minoritaires, cela n'empêche pas les militaires d'écraser dans le sang toute velléité de manifestation. En 2015 à Zaria, dans le nord du pays, centaines de partisans de Zazaky ont été tués.


 
Nous avons l'enregistrement d'une personne qui dit : "Ils nous tuent, ils tuent les gens un par un." En fond sonore, nous entendions des coups de feu. Nous avons vu les photos que certaines personnes avaient sur leur portable montrant des  dizaines et des dizaines de corps amoncelés dans la cour, calcinés. Ces personnes, trop blessées pour fuir, ont été brûlées vives.Donatella Rovera, spécialiste des situations de crise pour Amnesty International  AVRIL 2016
Plus de 300  corps  selon Amnesty International avaient été dissumulés dans des fosses communes.