Nigeria : Atiku Abubakar, candidat à la présidentielle, dénonce des "fraudes" et un "viol de la démocratie"

Atiku Abubakar, arrivé deuxième à la présidentielle du 25 février au Nigeria, dénonce ce 2 mars des manipulations et des fraudes "sans précédent", évoquant un "viol de la démocratie", après la victoire du candidat du parti au pouvoir, Bola Tinubu.
 
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Atiku Abubakar
Atiku Abubakar, candidat du Parti démocratique du peuple, lors de la prière du vendredi à la mosquée Moddibo Adama de Yola, Nigeria, le 24 février 2023.  
© AP Photo/Sunday Alamba
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"Les manipulations et les fraudes qui ont accompagné cette élection sont sans précédent dans l'histoire de notre nation", a déclaré devant la presse à Abuja, le candidat du Parti démocratique du peuple (PDP).

"Je ne comprends toujours pas pourquoi l'arbitre électoral était si pressé de conclure la collecte et l'annonce des résultats, étant donné le nombre de plaintes et d'irrégularités" enregistrées, a-t-il dit. "Il s'agit bien d'un viol de la démocratie".

Selon lui, les résultats proclamés par la Commission électorale nationale (Inec) "étaient grossièrement biaisés" au profit de Bola Tinubu, 70 ans, du Congrès des progressistes (APC), qui a officiellement remporté l'élection présidentielle avec plus de 8,8 millions de voix, soit 36% des suffrages.

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L'ancien vice-président Abubakar, 76 ans, a lui obtenu 29% des voix tandis que le favori de la jeunesse, Peter Obi, 61 ans, est arrivé troisième avec 25% des voix.
Ce dernier, qui dénonce lui aussi des fraudes massives, a déjà annoncé qu'il allait contester les résultats devant la justice.

Interrogé sur le fait de savoir s'il comptait faire de même, Atiku Abubakar a simplement répondu : "nos avocats étudient les résultats de l'élection, nous attendons leurs conseils (...) et nous déciderons de la conduite à tenir". "Il ne s'agit pas de moi, il s'agit de vous, de l'avenir du Nigeria et de la jeunesse", a-t-il ajouté, tout en appelant ses partisans à s'abstenir de toute réaction violente.

Le scrutin, qui s'est globalement déroulé dans le calme, été marqué par des retards dans le décompte des voix et d'importantes défaillances dans le transfert électronique des résultats, provoquant la colère de nombreux électeurs et des partis d'opposition.

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Par le passé, les élections organisées dans le pays le plus peuplé d'Afrique ont souvent été entachées par des allégations de fraude et des violences.
Le 1er mars, Atiku Tinubu a appelé ses adversaires à "faire équipe ensemble": "Je vous demande de nous rejoindre pour que nous puissions commencer à reconstruire ensemble notre foyer national".

Les candidats qui veulent contester l'élection ont 21 jours après l'annonce des résultats pour saisir la justice.