Afrique

Ouganda: la flambée du prix de la vanille crée une spirale de violences

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TV5MONDE/P.Desorgues

La vanille est devenue une épice de sang en Ouganda. La flambée du prix du kilo de gousse de vanille suscite les pires convoitises, créant une spirale de violences dans les fermes du sud-ouest du pays.

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Mushi Nason pleure chaque jour sur la tombe son fils Jockus. Lui et son epouse  restent inconsalables. Son fils était un ouvrier agricole sur une plantation de vanille.
"Jockus venait faire son tour de garde vers une heure du matin à la ferme lorsqu'il a surpris des hommes armés en train de tenir en otage le propriétaire et lui demandant d'ouvrir le hangar où se trouvait la récolte de vanille. Mon fils a jeté une lance en direction des agresseurs. Des coups de feu ont retenti et mon fils a été abattu", témoigne le père de la victime.

 Jockus vient de rejoindre la centaine de victimes tués dans cette guerre de la Vanille qui sévit en Ouganda. L'épice est devenu une véritables mine d'or. Le kilo de gousse  dépasse les 650 dollars.Ce prix attire les convoitises dans un pays où le salaire mensuel ne dépasse pas les 50 dollars. Fusil et baton à la main ces fermiers tentent de protéger la récolte. "La Vanille met un peu plus de 9 mois à murrir et Nous sommes obligés de rester en alerte et de patrouiller jour et nuit", indique ce producteur de vanille, Dominico Muzungu.

La ruée sur la vanille provoque une propagation des armes dans la région. "Des personnes ont perdu la  vie parce qu'ils cherchaient à voler de la vanille et qu'ils sont tombés sur des gardes armées. Dans d'autres cas ce sont les voleurs qui sont armés et qui tuent. Les habitants locaux par peur des voleurs se mettent à jetter des lances autour d'eux et peuvent tuer des gens dans les champs. Quelques fois les négociations entre un acheteur et un fermier se passent mal. Et des fusillades peuvent éclater pour une simple histoire d' avance d'argent  non payée sur la future récolte", explique Sharon Biira, représentante d'une coopérative agricole.

 Face à l'absence de réaction de la police  et des autorités locales certains fermiers ont décidé d'avancer la récolte  pour securiser leur vente, celle d'une vanille pas assez  mure et sans parfum.