Afrique

Paris donne 1 400 fusils d'assaut à la Centrafrique

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©TV5MONDE / Commentaire : R. Rodier - Montage : V. Perez

En Centrafrique, la concurrence entre Paris et Moscou s'affiche au grand jour. Après la Russie, c'est la France qui obtient une exemption à l'embargo de l'ONU sur la livraison d'armes. La ministre française des armées, Florence Parly, n'est pas venue les mains vides à Bangui ce mardi 11 décembre 2018, elle a apporté dans ses bagages 1 400 fusils d'assaut.

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Les drapeaux centrafricain et français hissés bien haut, ensemble... Militaires français et centrafricains, sur la base Mpoko de Bangui. Ces images racontent l'unité, le travail en commun et cela va jusqu'aux offrandes de l'armée française : un véhicule amphibie, et dans des containers, 1 400 fusils d'assaut, des Kalachnikov de type AK-47, issues d'une saisie illégale en Somalie.

Un don aux forces armées centrafricaines (Faca), et une exception sur l'embargo sur les armes en Centrafrique, justifiés sans sourciller par la ministre française des Armées. 
 
Ce qui est important, c'est que ces armes, dès lors qu'elles seront livrées aux Faca puissent être identifiées, stockées et tracées. Dès lors que ces conditions sont réunies, il n'y a aucune raison que l'embargo ne puisse être levé.Florence Parly, ministre française des Armées
Le président Touadéra a reçu Florence Parly.  Les caméras étaient les bienvenues: la France veut montrer son attachement, ou réaffirmer son attirance pour la Centrafrique. "Je voudrais couper court à une mauvaise rumeur qui pourrait laisser penser que la France est partie. La France n'est pas partie", a-t-elle affirmé.
 
La France est toujours présente. Elle est présente sur différents terrains, militaire, diplomatique, sur le plan du développement. Florence Parly, ministre française des Armées

Derrière cette livraison d'armes se joue autre chose : qui sera le plus influent dans ce pays à peine sorti d'un conflit ? Ces Faca depuis un an sont formés par des militaires russes. La Russie a déjà livré des armes en début d'année, elle s'intéresse de plus en plus près, comme d'autres avant elle, aux richesses naturelles du pays.

Les Russes restent discrets, quoique très bien implantés : ici, ce sont bien des soldats russes qui protègent le président Touadéra. Ils ont été accueillis avec bienveillance.

Je demande aux autres pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU de faire comme la Russie, d'aider l'armée centrafricaine, de continuer à envoyer des instructeurs, de former l'armée centrafricaine.Martin Ziguélé, ex-Premier ministre centrafricain
Aujourd'hui, 300 à 400 Russes seraient chargés de former les militaires ou bien d'intégrer économiquement cet ancien pré-carré français, bien au-delà donc du volet sécuritaire. 

Ces images peuvent paraître bien anecdotique : c'est le nouveau concours de Miss Centrafrique. Il n'existait plus mais la Russie l'a remis sur pied, dépêchant sur place une ancienne Miss accompagnée du conseiller à l'ambassade. C'est un bel exemple de "soft power" : une manière de s'impliquer en douceur dans ce pays, pour s'y faire bien voir, et s'y rendre peu à peu indispensable.