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Plus de 200 morts dans un naufrage en Tanzanie : "Les responsables seront punis"

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Le MV Nyerere effectuait régulièrement la navette entre deux îles, au sud du lac Victoria. Il devait accoster a Ukara. Officiellement, il ne pouvait transporter que 100 personnes. Selon plusieurs témoignages, ils étaient au moins 200 au moment du drame.

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Mise à jour du 22/09/18 à 15h00 T.U.

Samedi en milieu d'après-midi, un nouveau bilan donnée par la radio publique fait état de 207 morts , mais un survivant a été extrait de l'épave. 


Le ferry assure la liaison entre l'île d'Ukara et celle d'Ukerewe, située juste en face, où les habitants d'Ukara viennent régulièrement s'approvisionner. Alors que le débarcadère est en vue, la foule de passager se déporte massivement sur la proue du navire, qui bascule... La plupart des voyageurs sont bloqués dans la cabine, alors que le bateau coule.

Ce samedi, au lendemain du drame, les secours, aidés par des pêcheurs locaux venus avec leurs embarcations, poursuivent la recherche des disparus. Sous le regard des habitants, ils récupèrent inlassablement les corps qui flottent et les déposent sur les berges, alors que beaucoup restent encore coincés sous l'épave du navire.

Le président de la Tanzanie s'est exprimé en fin d'après midi : une enquête est ouverte et quatre jours de deuil national vont être obervés. Le président John Magufuli ordonné l'arrestation des opérateurs du ferry, exploité par l'Agence tanzanienne des services électriques et mécaniques.
​Le ferry MV Nyerere "a une capacité de 25 tonnes de marchandises et de 101 passagers, mais s'agissant des passagers, il saute clairement aux yeux que le nombre était dépassé, car il y a encore des corps qui n'ont pas été repêchés", a déploré le président dans un discours prononcé sur la télévision publique TBC One. Se disant indigné par tant de "négligence", le président a assuré qu'"il y avait aussi, en plus des bagages des passagers, des sacs de maïs, des caisses de bière et de soda ainsi d'ailleurs que des véhicules". Des témoins ont en outre rapporté qu'environ 200 passagers se trouvaient à bord, sans que les autorités ne confirme cette estimation - les registres des passagers sont le plus souvent lacunaires sur les navires sillonnant le plus grand lac d'Afrique.

"Nous avons déjà eu plusieurs accidents meurtriers, non seulement sur le lac Victoria, mais aussi dans l'océan Indien, sans qu'un seul responsable rende des comptes", déplore le chef de l’opposition tanzanienne Freeman Mbowe. Les naufrages dans cette région des Grands Lacs sont le plus souvent imputés à des embarcations surchargées, et les bilans élevés au fait que la plupart des passagers ne savent pas nager. Parfois difficile sur le lac, la navigation se fait avec des navires vétustes ou mal entretenus. En 1996, quelque 800 personnes, selon la Croix-Rouge, avaient trouvé la mort dans le naufrage du ferry Bukoba, surchargé de passagers, à quelques milles marins au large de Mwanza.