Afrique

Présidentielle au Sénégal : le pays fait-il figure d'exception démocratique en Afrique ?

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©TV5MONDE / M. Chevance.

TV5MONDE vous propose une nouvelle série de reportages jusqu'à l'élection présidentielle sénégalaise du 24 février. Dans ce premier volet, nos équipes ont rencontré ceux qui tentent de donner de la voix dans le pays. C'est le cas de Guy Marius Sagna, activiste et militant des droits de l'homme. Reportage. 

Enième demande de manifestation auprès de la préfecture et encore un refus. Guy Marius Sagna en est à son sixième cette année. Le militant semble n’être qu’un fauteur de troubles aux yeux des autorités. 

« Nous, nous avons manifesté plusieurs fois, et dans le calme, dans la paix, sans troubler l’ordre public, nous raconte Guy Marius Sagna, membre du collectif France Dégage. Donc invoquer cela aujourd’hui, ou de plus en plus à notre égard, c’est en fait tout simplement vouloir nous empêcher de manifester. » 

Et des manifestations, en effet, il en a de nombreuses à son actif. Déjà sous Abdoulaye Wade, avec le mouvement du 23 juin, il demandait le départ de l’ancien président.

Parcours de combattant

Désormais, c’est le départ de l’ancienne puissance coloniale qu’il exige, avec son collectif "France dégage". Un parcours militant qu’il tente de mener en parallèle avec son métier : travailleur social pour le ministère de la Santé. Mais on ne se refait pas. 
 

L'idée c'est de me mettre hors d'état de nuire.

 Guy Marius Sagna, activiste sénégalais.

En 2014 , il dénonce la mauvaise gouvernance dans l’hôpital de Sedhiou, il est alors réaffecté dans d'autres locaux qu'il nous fait visiter. « Voilà ce que ça coûte d’être un activiste au Sénégal », s'exclame-t-il . Un bureau insalubre, sans âge, des murs décrépis, des fenêtres donnant directement sur la fosse sceptique. Comme une punition pour mauvaise conduite. 

« L’idée c’est de me mettre dans une situation où je ne peux pas contaminer mes autres collègues et les amener à se soulever contre la gestion anti-démocratique du secteur de la santé et de l’action sociale, dénonce Guy Marius Sagna. C’est de me mettre à l’écart, me mettre hors d’état de nuire ».

Guy Marius Sagna, en résistance

Ses lettres de protestation envoyées au ministère sont restées sans réponse. Il tiendra deux ans ici, avant de jeter l’éponge.

Mais Guy Marius Sagna, n’a plus de temps à perdre. Son activité militante l’occupe à temps plein. Direction Grand Yoff, une commune de Dakar. C’est là-bas désormais que le collectif de Guy Marius Sagna tient ses réunions hebdomadaires. 

« Nous avons effectivement été expulsés de notre premier siège au centre de Bopp, explique Guy Marius Sagna. Le conseil d’administration de ce centre a eu des pressions des autorités de ce pays ».   

En attendant une autre association les héberge, proche du candidat anti-système Ousmane Sonko. Au mur, les portraits d’anciens leaders d’extrême gauche. Entre eux, les membres s’appellent "camarade".

« C’est devenu compliqué d’être activiste au Sénégal, les conditions sont dures, raconte ​Ousmane Wade, coordonnateur du collectif France Dégage. Et pourtant ça ne devrait pas être le cas. Car on parle des choses qui n’arrangent pas l’Etat, qui n’arrangent pas le gouvernement ». 

La réunion du jour porte sur l’implantation des grandes surfaces françaises. Le collectif mène depuis plusieurs mois une campagne très agressive sur le sujet.

>> Retrouvez l'intégralité de notre reportage :

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