Afrique

Présidentielle au Sénégal : paroles de jeunes primo-votants

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Ils sont appelés pour la première fois ce dimanche 24 février 2019. On les appelle les primo-votants. Ces nouveaux électeurs sont souvent très actifs sur les réseaux sociaux. Qu’en sera t-il de leur mobilisation dans les bureaux de vote ? Reportage dans le quartier de Grand Yoff, à Dakar.

Samedi 22 février, veille d'élection présidentielle au Sénégal, jour d’entraînement aussi pour l’ACS Grand Yoff. Sur le terrain, la majorité des joueurs ont entre 18 et 21 ans. Tous sont primo-votants. Pourtant, ils choisissent le camp des abstentionnistes.
 

Les politiciens, ce ne sont que des mensonges. Ils ne disent pas la vérité. Quand ils disent quelque chose, ils ne le font pas. Ils vont nous payer des 2000 ou 1000 francs pour voter, mais nous on ne va pas le faire. On va rentrer à la maison et suivre à la télé.

Mayoro Mangane, 18 ans

« Ils (nos politiques) nous dupent constamment. C'est pourquoi je dis : "nos cartes d'électeurs nous appartiennent". Si ça nous chante, on vote, si ça ne nous chante pas, on ne vote pas.

Doudou Ndiaye, 20 ans

Ils seraient près de 500 000 Sénégalais à vivre à Grand Yoff. Dans ce quartier populaire, carrefour entre le centre-ville et la banlieue de Dakar, on voit des jeunes à tous les coins de rue.
De potentiels nouveaux électeurs, seulement beaucoup de ceux que nous avons rencontrés ne pourront pas voter, faute d’état civil. C'est le cas d'Albertine Mendy, âgée de 18 ans : "il faut aller à la police déclarer son extrait de naissance. Je ne l’ai pas fait, et n’ai donc ni carte d’identité, ni carte d’électeur ».

Je n’ai pas de carte d’identité, je ne pourrai pas voter.

Florence Nina, 19 ans

Et pour diriger le Sénégal, Khalifa Sall avait gagné les coeurs ici. Grand Yoff est le fief de l’ancien maire de Dakar, emprisonné pour détournement de fonds publics. Dans son quartier général, l’heure n’est plus aux espoirs de victoire, mais à l’observation des bureaux de vote.

Pour ces jeunes sympathisants, surveiller le scrutin est une chose, mais voter est primordial. "Nous sommes des jeunes, l’espoir du pays… C’est notre devoir, c’est pourquoi je vais voter", estime Pape Cheick Diouf, 19 ans, un partisan de Khalifa Sall.

Je suis Sénégalaise, chaque citoyen a le devoir de voter.

Mame Diarra Gueye, 20 ans, milite pour Khalifa Sall

Combien de primo-votants se rendront-ils aux urnes ? C'est l’une des inconnues de la présidentielle.