Afrique

Présidentielle en Algérie : la diaspora fait entendre sa voix contre Bouteflika

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Deux jours après les manifestations dans toute l'Algérie contre un 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika, un rassemblement à Alger dimanche 24 février a été dispersé par les forces de l'ordre. Mais la contestation s'étend à l'étranger. A Paris, Marseille, Montréal, et ailleurs, la communauté algérienne se mobilise à son tour.

Cette fois-ci, les autorités algériennes n'ont pas laissé faire. Avant l'heure du rendez-vous fixé à Alger ce dimanche 24 février à midi place Maurice-Audin, les forces de l'ordre attendaient les manifestants qui ont répondu à l'appel du mouvement Mouwatana contre un 5e mandat de Bouteflika. Ce mouvement citoyen algérien, né en juin 2018 et composé d'intellectuels, se bat pour l'Etat de droit. Deux jours après les manifestations nationales dans tout le pays avec à leur tête les jeunes Algériens, les forces de l'ordre à Alger ont fait le choix de la répression face à des manifestants de tout âge. 

Mais le front d'opposition à un 5e mandat de Bouteflika dépasse les frontières nationales. Les rassemblements de la communauté algérienne se multiplient à l'étranger. La diaspora est estimée à 7 millions de personnes, selon l'AIDA, l'Association internationale de la diaspora algérienne basée à Londres. Le 23 février, elle s'est retrouvée Place des Nations à Genève. Même initiative le même jour à Londres, devant l'Ambassade d'Algérie.

Le 23 février, Place des Nations à Genève, Suisse.


Plusieurs autres appels à manifester ont été fixés pour dimanche 24 février, à Montréal au Canada, mais surtout en France. Tous découlent d'un ensemble d'organisations de la société civile ainsi que de trois partis algériens qui ont décidé de s'associer à cette journée de mobilisation de Mouwatana.

Parmi ces entités, il y a le Collectif Debout l'Algérie, créé par des citoyens de la diaspora à la suite d'un premier rassemblement à Paris contre le 5e mandat le 17 février. Citoyen engagé dans plusieurs mouvements, Farid Yaker précise que cette action avait été initiée par un jeune Algérien.

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Une semaine plus tard, le 24 février, la Place de la République à Paris se pare des couleurs du drapeau national algérien. Des centaines de personnes sont présentes, "environ 2 à 3 000", avance Farid Yaker.

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Toutes ces mobilisations s'unissent dans la dénonciation du 5e mandat, mais au-delà il faudra discuter, échanger pour établir un agenda avec des objectifs clairs. Pour Farid Yaker, cela aboutirait à terme à la naissance d'une Deuxième République.

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Pour l'heure, cette perspective semble lointaine voire illusoire. Mais pour ces Algériens qui manifestent dans le pays ou à l'étranger, l'idée qu'un moment inédit est en train de se jouer en Algérie fait son chemin.

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