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Présidentielle en Côte d'Ivoire : Guillaume Soro maintient sa candidature et appelle à "stopper Ouattara dans sa folle aventure"

<p>L'ancien Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, à Abidjan, en 2010.</p>

L'ancien Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, à Abidjan, en 2010.

(AP Photo/Sunday Alamba)

L’ex-chef rebelle et ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro, dont la candidature à l’élection présidentielle ivoirienne du 31 octobre a été rejetée par le Conseil constitutionnel, a affirmé jeudi 17 septembre lors d’une conférence de presse à Paris qu’il se maintenait dans la course de manière “irrévocable”.

"Ma candidature est ferme, irréductible et irrévocable", a déclaré l'ancien président de l'Assemblée nationale ivoirienne, en assurant que "la Côte d'Ivoire est au bord du gouffre" depuis la décision du président sortant Alassane Ouattara de se présenter à un troisième mandat.

Elu en 2010, réélu en 2015, M. Ouattara avait annoncé en mars sa décision de renoncer à briguer un troisième mandat à la présidentielle du 31 octobre. Avant de changer d'avis en août, après le décès soudain d'un infarctus de son dauphin désigné le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

L'opposition ivoirienne ne décolère pas contre le Conseil constitutionnel, qui dans une décision lundi soir a validé la candidature de M. Ouattara et rejeté celles de ses rivaux l'ancien président Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, qui vit en exil et réside en France. Guillaume Soro a également appelé l'opposition, dont les ex-présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, à s'unir pour obtenir l'organisation "d'élections libres et transparentes" et faire barrage à un 3ème mandat du sortant Alassane Ouattara.

"Maintenir l'élection du 31 n'a aucun sens, y participer serait cautionner le coup d'Etat institutionnel d'Alassane Ouattara", a déclaré M. Soro. Il a affirmé vouloir "saisir la Cédéao en vue d'obtenir des élections transparentes", assurant qu'il "n'y aura pas d'élection" le 31 octobre, sans expliciter davantage.

Pressé de questions pour savoir ce qu'il entendait, il s'est refusé à faire de la "politique fiction", se bornant à dire que l'opposition devait s'"unir pour stopper Ouattara dans sa folle aventure".

"Je n'irai pas aux élections tant que Ouattara est candidat, ce serait valider la forfaiture", a encore déclaré Guillaume Soro.

"Je rentrerai en Côte d'Ivoire", a en outre ajouté M. Soro, sans fournir de calendrier.

La candidature de M. Soro a été jugée irrecevable en raison d'une condamnation par la justice ivoirienne à 20 ans de prison pour "recel de détournement de deniers publics", en avril 2020. Depuis décembre 2019, il vit en exil en France.

Longtemps allié du président actuel, Alassane Ouattara, qu'il a aidé à accéder au pouvoir, Guillaume Soro était devenu Premier ministre, puis président de l'Assemblée nationale, avant de se brouiller, et rompre avec le chef de l'Etat début 2019. Selon les observateurs, ce dernier voulait ralentir les ambitions présidentielles de Guillaume Soro.

Mardi, la Cour africaine des Droits de l'homme et des peuples, juridiction avec laquelle Abidjan a pris ses distances, a demandé à la Côte d'Ivoire de permettre à Guillaume Soro de se présenter à la présidentielle.

La crainte de violences meurtrières à l'approche du scrutin du 31 octobre est forte en Côte d'Ivoire, dix ans après la crise née de la présidentielle de 2010, qui avait fait 3.000 morts après le refus du président Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Ouattara.

L'annonce de la candidature de M. Ouattara avait provoqué des affrontements, notamment communautaires, qui avaient fait une quinzaine de morts en août.

Des échauffourées ont eu lieu mardi dans plusieurs localités.