Afrique

Présidentielle en Guinée-Bissau : deux anciens Premiers ministres arrivent en tête du premier tour

Lisbonne : Domingos Simoes Pereira, serre la main de son homologue portugais Pedro Passos Coelho en novembre 2014.
Lisbonne : Domingos Simoes Pereira, serre la main de son homologue portugais Pedro Passos Coelho en novembre 2014.
AP/Francisco Seco
Lisbonne : Domingos Simoes Pereira, serre la main de son homologue portugais Pedro Passos Coelho en novembre 2014.

La commission électorale vient de publier les résultats officiels : le candidat du parti historique, Domingos Simoes Pereira est arrivé en tête. Il sera opposé à Umaro Sissoco Embalo lors du deuxième tour le 29 décembre.

La présidentielle s'est tenue sans incident majeur dimanche dernier sous la surveillance des observateurs étrangers et nationaux. Malgré des accusations de bourrage des urnes proférées par le camp du président sortant et quelques manquements comme des ouvertures tardives de bureaux ou des absences localisées d'encre, la Commission électorale et les autres missions d'observation ont jugé que le premier tour s'était joué à la régulière.  

Domingos Simoes Pereira, 56 ans, chef du gouvernement en 2014-2015, et limogé par le président sortant Vaz, a recueilli 40,13% des voix à l'issue du premier tour. Il est le candidat du PAIGC (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert) et dispose d'une majorité relative au parlement issu des législatives de mars 2019.

Il devance Umaro Sissoco Embalo, 47 ans, Premier ministre entre 2016 et 2018, qui a rallié 27,65% des suffrages appartient à une branche dissidente du PAIGC, le Madem.

Quant au président José Mario Vaz, il est arrivé seulement quatrième avec 12,41% des voix.

Changement annuel de gouvernement

Après le dernier putsch en 2012, l'élection de M. Vaz en 2014 marquait le retour à l'ordre constitutionnel et devait briser le cycle des changements de gouvernement à un rythme quasiment annuel. En réalité, les Premiers ministres, dont MM. Pereira et Embalo, se sont succédé au gré de turbulences qui ont persisté jusqu'au bout.

L'armée s'est engagée à ne plus se mêler de politique, sept ans après le coup d'Etat qui avait interrompu le processus électoral.

Mais un dispositif de sécurité exceptionnel a été mis en place autour de l'hôtel où ont été annoncés les résultats. Des agents de la police d'intervention rapide, de la garde nationale appuyés par des éléments de l'Ecomib étaient partout visibles.