Afrique

Présidentielle en Guinée-Bissau : la Cédéao reconnaît la victoire d'Umaro Sissoco Embaló

Umaro Sissoco Embalo, alors Premier ministre de Guinée-Bissau, s'adressant à la tribune des Nations unies, le 21 septembre 2017. 
Umaro Sissoco Embalo, alors Premier ministre de Guinée-Bissau, s'adressant à la tribune des Nations unies, le 21 septembre 2017. 
© AP / Frank Franklin II

Après quatre mois de blocage post-électoral, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a annoncé jeudi 23 avril reconnaître Umaro Sissoco Embaló comme président de Guinée-Bissau. L'ex-Premier ministre, issu de l'opposition, avait été déclaré vainqueur à plusieurs reprises par la commission nationale électorale.

Après le second tour de la présidentielle du 29 décembre 2019, la Cédéao veut sortir de l'impasse.

"Face à la persistance de ce blocage et après analyse approfondie de la situation politique du pays, les chefs d'Etat et de gouvernement de la Cédéao ont décidé de reconnaître la victoire de Monsieur Umaro Sissoco Embaló". Voilà ce qu'elle exprime dans un communiqué publié ce jeudi 23 avril.


Appel à une nouvelle Constitution

L'organisation régionale qui regroupe 15 États demande que Umaro Sissoco Embaló nomme un nouveau Premier ministre et un nouveau gouvernement "au plus tard le 22 mai 2020".

Autre urgence, la Cédéao estime nécessaire "d'engager immédiatement la réforme relative à une nouvelle Constitution qui sera soumise à un référendum dans six mois". Le texte actuel favoriserait en effet les tensions entre les pouvoirs.

Embaló, ex-Premier ministre issu de l'opposition, a été déclaré vainqueur à plusieurs reprises par la commission nationale électorale.

 
Chargement du lecteur...
 

Il s'était autoproclamé président et fait investir le 27 février 2020. Il s'est ensuite installé au Palais présidentiel et a nommé un gouvernement, dirigé par son allié Nuno oGomes Nabiam, après avoir limogé le Premier ministre, Aristides Gomes.

Embaló est passé outre l'absence de décision définitive de la Cour suprême sur les recours introduits par son adversaire du second tour, Domingos Simoes Pereira. Ce dernier, chef du parti historique et majoritaire au Parlement, dénonce des fraudes lors du scrutin et demande un recomptage des bulletins.

L'ancienne colonie portugaise a connu depuis son indépendance en 1974 une succession de coups d'Etat, de tentatives de coups de force et de gouvernements. La communauté internationale, à commencer par les pays africains, se sont jusqu'alors divisés sur le parti à prendre. Cette position de la Cédéo marque une victoire diplomatique pour Umaro Sissoco Embaló, ainsi conforté par ses pairs.