Afrique

Présidentielle en RDC : la tension monte à deux jours du scrutin

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© TV5MONDE / Anthony Fouchard

Après l’incendie de l’entrepôt de la Céni où 8 000 machines à voter seraient parties en fumée, la commission électorale a annoncé que plus de 1 000 bureaux de votes ne pourront pas ouvrir sur un peu plus de 7 000 prévus à Kinshasa. Une réorganisation très floue qui met en péril le scrutin. 

La Céni a par ailleurs convoqué ce vendredi les candidats. Le point avec notre envoyé spécial à Kinshasa Anthony Fouchard :

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Ce jeudi, la coalition autour du candidat d'opposition Martin Fayulu avait appelé à une journée "ville morte" ce 28 décembre dans toute la RDC pour protester contre le report partiel des élections qui concerne plus d'un million d'électeurs sur 40 millions, principalement dans le Nord-Kivu à Beni et à Butembo.

Une journée, plutôt bien suivie dans l'est du pays où elle a parfois débouché sur des manifestations. A Béni, des militaires auraient tiré sur la foule on compte au moins un mort et deux blessés. A Goma, journée de tensions également ce vendredi.
 
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TV5MONDE - Journée de tensions à Goma


Plus au sud à Butembo ce vendredi matin, des heurts ont éclaté entre des manifestants et les forces de l'ordre comme l'a constaté Alexis Huguet, notre confrère et envoyé spécial de l'Agence France Presse :

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A Kinshasa, l'activité était normale ce vendredi matin malgré l'appel à la grève générale par une partie de l'opposition. Le point avec notre envoyée spéciale Patricia Huon : 

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Ce jeudi, des tensions avaient déjà été rapportées à Beni au lendemain de l'annonce du report :

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) "vient de dépasser une ligne rouge", a déclaré la coalition "Lamuka" ("réveille-toi" en lingala) soutenue par deux poids lourds de l'opposition au président Joseph Kabila, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba. La coalition "exige que la commission électorale retire instamment cette décision injustifiée". Pas question pour autant de boycott, a précisé son directeur de campagne, Pierre Lumbi.

L'autre pilier de l'opposition, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), et son candidat Félix Tshisekedi, "condamnent" le report mais avaient indiqué dès mercredi qu'ils iraient aux élections.

De son côté, la Majorité présidentielle (MP) du président Kabila a lancé un appel à la "sérénité" en affirmant comprendre la décision de la Céni.

La Commission en charge des élections a reporté mercredi au mois de mars les élections dans la région de Beni-Butembo (Est) et à Yumbi (Ouest). Raison invoquée : l'épidémie d'Ebola et les tueries de civils à Beni et Butembo, et de récents massacres communautaires à Yumbi.

"Illégal", "inacceptable" : l'opposition affirme que la Céni exclut du vote des bastions anti-président Kabila.

Le ministre de l'Intérieur Henri Mova avait demandé au président de la Céni Corneille Nangaa, de tenir compte du contexte "sanitaire et sécuritaire" à Beni dans l'organisation des élections.

"La décision de la commission électorale est inconstitutionnelle", a déclaré un spécialiste du droit constitutionnel congolais consulté par l'AFP. "Elle prive une partie de l'électorat de son droit constitutionnel d'élire les dirigeants de leur choix", ajoute-t-il.

Renvoi du représentant de l'Union européenne

Kinshasa "invite instamment" Bruxelles à rappeler "dans les 48 heures son chef de mission en République démocratique du Congo", le Belge Bart Ouvry, a déclaré ce jeudi le chef de la diplomatie congolaise Léonard She Okitundu à des diplomates occidentaux.

Il s'agit d'une mesure de rétorsion de la RDC après le prolongement des sanctions européennes qui visent 14 officiels congolais dont le candidat du pouvoir à l'élection présidentielle, Emmanuel Ramazani Shadary.

Une décision que l'Union européenne "déplore" et "juge totalement injustifiée", selon un porte-parole de l'UE à Bruxelles. "A la veille d'élections très difficiles en RDC, une telle décision ne peut être considérée que comme contre-productive", a-t-il dit.

Cécile Kyenge, députée européenne s'est exprimé sur cette affaire.

 

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Le ministre belge des Affaires étrangères et de la Défense Didier Reynders a également réagi à ce propos.

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Réaction du ministre belge des Affaires étrangères et de la Défense Didier Reynders à l'expulsion annoncée de la RDC de l'ambassadeur de l'Union européenne

"Kabila doit démissionner"

C'est dans ce contexte pré-électoral incertain que le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a fait son retour dans la province voisine du Sud-Kivu où il a été accueilli par 2 à 3 000 personnes, mais aucun responsable politique, a constaté l'AFP : 

À lire aussi : Retour en RDC du prix Nobel de la paix Denis Mukwege

Le Dr Mukwege a demandé le "respect de la Constitution", et constaté que le "processus électoral est dans l'impasse". Il n'a pas réitéré son appel à la démission du président Kabila lancé dans une tribune publiée par le New York Times il y a une semaine. "Aussi longtemps que l’actuelle gouvernance reste en place, n’importe quel scénario électoral ne mènera qu’à plus de violence, plus d’instabilité et un plus grand risque de sombrer dans la dictature", avait-il ajouté en demandant des pressions et des sanctions internationales.