Afrique

Présidentielle en RDC : les journalistes privés de réseaux

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Un rappel à l'ordre. Voilà comment a été ressentie la conférence de presse organisée par le gouvernement de Kinshasa pour rappeler aux media que seule la CENI était habilitée à donner le résultat des votes. Des propos tenus par Lambert Mende après la coupure des SMS, d'internet, du signal de RFI et de Canal Congo Télévision.

"Pas de signal". Voilà le message qui s'affiche depuis deux jours dans la régie de Canal Congo Télévision, ou CCTV. Le signal a été coupé par les autorités, qui reprochent à la chaîne d'avoir publié les résultats de la présidentielle de dimanche dernier. La directrice adjointe Marie-Thérèse Yamate s'en défend. "Nous n'avons pas de résultats publiés, nous n'avons pas publié les résultats, nous avons reçu en invités les candidats dans nos différents programmes, ils sont venus parler du déroulement des élections, du déroulement du dépouillement... Mais il n'y avait pas de publication des résultats, on ne peut pas se substiter à la CENI."

CCTV appartient à Jean-Pierre Bemba, l'un des principaux soutiens du candidat d'opposition à l'élection présidentielle, Martin Fayulu. La coupure s'est produite juste après celle des réseaux sociaux et SMS dans l'ensemble du pays, officiellement pour des raisons de sécurité. Canal Congo Télévision continue d'émettre à l'étranger. "C'est une grosse déception", se plaint Michel Koyakpa, journaliste à CCTV... "Cela donne l'image d'une République qui ne semble pas comprendre les b.a-ba de la démocratie, et surtout à terme d'élections démocratiques; il semble qu'on prive des millions de congolais: ceux qui ont voté, ceux qui ont vu"

Même sanction, pour la radio RFI : le signal a été bloqué en RDC...Et l'accréditation de sa correspondante retirée.

Les correspondants des médias étrangers ont par ailleurs été convoqués par les autorités pour un recadrage, retransmis en direct sur la télévision nationale congolaise. Lambert Mende n'a pas limité ses critiques: "Nous ne sommes pas une sorte de réserve zoologique dans laquelle des touristes du monde entier en mal de curiosités et de sensations fortes peuvent quotidiennement être invités par des pyromanes à se régaler du spectacle des affrontements entre espèces sauvages sans foi ni lois."

Même sanction, pour la même accusation, selon les autorités, pour la radio RFI. Médias étrangers ont par ailleurs été convoqués par le ministre de la communication, pour rappel à l'ordre. RSF dénonce un "usage systématique" de la censure dans le pays".