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Présidentielle en RDC : portrait de Félix Tshisekedi

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©TV5MONDE

L'opposant Félix Tshisekedi remporte la présidentielle avec plus de 38% des voix, selon les résultats provisoires donnés, ce jeudi 10 janvier, par la Commission électorale congolaise (Céni). Il devance ses adversaires Martin Fayulu et Emmanuel Ramazani Shadary. Portrait.

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Après des décennies passées dans l'ombre de son père, Félix Tshisekedi , 55 ans, sort vainqueur du scrutin présidentiel selon les résultats provisoires livrés ce jeudi par la Commission électorale nationale indépendante. 

Il remporte "7 051 013 des suffrages valablement exprimés (soit 38,57%)", a annoncé le président de la Céni, Corneille Nangaa, dans la nuit de mercredi à jeudi, après plusieurs heures d'attente. Le taux de participation était de 47,46%.

L'opposant et chef de file de l'UDPS a donc battu ses adversaires Martin Fayulu, candidat de la coalition d'opposition Lamuka et Emmanuel Ramazani Shadary, candidat de la coalition au pouvoir FCC et dauphin de Kabila.  

Le fils de son père

C'est donc un héritier de la politique congolaise qui est consacré. Son père, Etienne Tshisekedi, est une figure historique de l’opposition depuis l'époque Mobutu. Il est décédé en 2017.

Félix a donc hérité de la présidence du parti de son père, l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), en 2016 et surtout de son « aura » qui lui offre une force électorale indéniable. Ses partisans se recrutent en nombre à Kinshasa, au Kasaï et dans l’ancien Bas-Congo (ouest du pays).

Félix Tshisekedi pris en photo lors du jour de vote le 30 décembre 2018. 
Félix Tshisekedi pris en photo lors du jour de vote le 30 décembre 2018. 
©AP Photo/Jerome Delay


Elu député de Mbuji-Mayi dans le Kasaï en 2011, Félix Tshisekedi, pourtant, a passé une grande partie de sa vie à Bruxelles, loin de la RD. Congo, dans l'ombre de son père.

En 2017, après les manifestations anti-Kabila, les accords de la Saint-Sylvestre du 31 décembre 2016 en font un potentiel Premier ministre du gouvernement Kabila, mais c’est finalement Bruno Tshibala qui sera nommé.

Pour la présidentielle, la déception se repète pour Tshisekedi-fils. Il n’est pas le candidat choisi par l’opposition congolaise. Il est écarté au profit de Martin Fayulu.

Il décide donc de faire le chemin vers la présidentielle seul avec l’UDPS, ou presque, puisqu’il propose un « ticket gagnant » à l’américaine pourrait-on dire, en s’alliant à Vital Kamerhe, autre figure de l’opposition. pour former la coalition CACH. L’ancien président de l’Assemblée nationale est devenu son directeur de campagne, comme il l’a été en 2006 pour Joseph Kabila, ce qui en agace certains, qui y voient un « sous-marin » du pouvoir actuel.

Ces derniers jours des rumeurs de tractations entre le pouvoir et l'UDPS se sont multipliées. 

Dès l'annonce des résultats, Felly Kabala, représentant UDPS en Europe et Albert Etchumba du comité de soutien de Emmanuel Ramazani Shadary ont réagi sur le plateau de TV5Monde :

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Réactions de Felly Kabala, représentant UDPS en Europe et Albert Etchumba,du comité de soutien de Emmanuel Ramazani Shadary après l'annonce de la Céni

Les clés du programme de Félix Tshisekedi
Le duo Tshisekedi/Kamerhe propose un projet de société, pour transformer la RDC intitulé « vaincre la pauvreté ». "Avec moi comme président de la République, l'enseignement sera gratuit, moi comme président de la République, la santé sera gratuite"  martelait à chaque meeting Félix Tshisekedi. Il compte aussi, comme d’autres candidats « restaurer la paix dans l’est du pays » en luttant contre les dizaines de groupes armés qui déstabilisent la région. « Une fois élu président, j’installerai l’état-major à Goma, afin de terminer le problème de l’insécurité ».