Afrique

Présidentielle en RDC : qui arrêtera les massacres dans la région de Beni ?

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©TV5MONDE/ Anthony Fouchard

Dans la région de Beni, les massacres sont quasi quotidiens. Les rebelles ougandais, les ADF sont pointés du doigts. D’importantes forces de sécurité sont déployées dans la zone. Des militaires congolais mais aussi des Casques bleus. Les capacités des ADF ont été largement entamées grâce aux actions conjointes des soldats de la paix et des FARDC mais les massacres continuent. Notre jounaliste Anthony Fouchard s’est rendu à Oïcha, une ville presque fantôme… à 20 kilomètres de Beni.

Vu du ciel, Oïcha n’est plus qu’une succession de quartiers abandonnés et de rues désertiques. Rien qu’au mois de novembre, la ville a été attaquée quatre fois par des hommes armés.

Ils ont laissé derrière eux plus d’une dizaine de cadavres et des maisons incendiées. Gilles Mohindo y remet les pieds pour la première fois. Il fait l'inventaire des décombres : « C’est ici, le salon. Ici, il y avait des divans, l’armoire, il y avait aussi un moto. Elle a été incendiée. »

Gilles n’est pas le seul dans ce cas. Lors de la même attaque, le père de cet homme a été blessé à la machette. Il est à l’hôpital, dans le coma. Les soldats congolais dont le camp est à quelques mètres à peine sont intervenus. Trop tard.

« Bon, qu’est-ce que nous pouvons encore faire ? On dit non il faut avoir de la collaboration civilo-militaire mais même si vous dites qu’il y a des bandits quelque part, ils comprennent et ils se taisent. C’est ça le Congo », nous raconte Gilles Kambale.

Violences et barbarie

Au moins 30 000 personnes ont dû fuir à cause des attaques. Des habitants fatigués de la violence et de la barbarie.

« C’est ici qu’on avait tué le taxi-man. Il était vers ce côté, vous voyez du sang et le chapeau qu’il portait, explique Gilles Kambale. Si on fuit, on va vous tirer dans le dos par des coups de balle. Mais si on vous attrape, on va vous découper avec les machettes. Ça c’est la stratégie de ces ADF. Ils viennent nombreux… Fuir alors qu’ils ont encerclé votre maison ? Il est difficile de fuir

Nous sommes liés à notre terre. On ne peut pas fuir tout le temps. Si on doit mourir on va finir ici. Janvier, membre de la société civile de Oïcha

« Dans cette guerre, il y a ce que l’on appelle la conquête des terres, raconte Janvier, membre de la société civile de Oïcha. Ils veulent prendre la zone. Nous avons le courage de rester ici. Nous sommes liés à notre terre. On ne peut pas fuir tout le temps. Si on doit mourir on va finir ici. Mais nous avons confiance que dieu va nous permettre de survivre à ces atrocités.»

Ni les Casques bleus de la Monusco ni les soldats congolais n’ont pour l’instant été capables de mettre un terme à ces massacres. Engagés dans de vastes opérations militaires ces dernières semaines contre les rebelles ADF, les deux armées ont subi de lourdes pertes.

>> A revoir l'intégralité de notre reportage sur l'insécurité en RDC :

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