Afrique

Présidentielle RDC : réactions à notre reportage sur les machines à voter

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©TV5MONDE / I. Taoufiqi

Au lendemain de la diffusion de notre reportage sur les machines à voter, le président de la Commission électorale nationale indépendante, Corneille Nangaa, répond à nos questions. Il reconnaît à demi-mots la transmission électronique des résultats du scrutin. Dans les rangs de l'opposition, on fustige la Céni. Entretien et réactions. 

Dans le pays et sur les réseaux sociaux, les réactions sont nombreuses depuis la diffusion, dimanche 23 décembre, de notre reportage sur les suspicions qui entourent les machines à voter.  
 

Comment seront transmis les résultats des bureaux de vote à la Céni ? La commission  assurait ce week-end à nos journalistes que les résultats seront transmis manuellement. Mais l'opposition et la société civile en doutent et soupçonnent une transmission électronique depuis les bureaux de vote. Une méthode qui laisse la porte ouverte aux manipulations. 

La plupart des candidats et des partis politiques attendaient une explication de Corneille Nangaa, le président de la Céni. Il répond à notre journaliste Ilhame Taoufiqi. 

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©TV5MONDE / I. Taoufiqi


Corneille Nangaa : "La transmission sera là, mais les résultats qui seront annoncés ce sont les résultats qui viennent des bulletins de vote. Et qu’on ne lie pas la question de la transmission à celle de la machine à voter. Même sans machine à voter, on avait transmis les résultats en 2006 et en 2011 par la voix des centres locaux de compilation, c’est la même procédure qui continue." 

Ilhame Taoufiqi : Monsieur Nangaa, vous avez dit et répéter que vous serez prêt pour le 23 décembre même après l’incendie de l’entrepôt dans lequel près de 8000 machines à voter avait brulé. Vous êtes resté sur cette position puis vous avez reporté les élections. Avec les récents revirements, est-ce que la parole de la Céni est encore crédible aujourd’hui ? 

Corneille Nangaa : "Vous l’appelez revirement pourquoi ? C’est pas un revirement ! Je précise encore que cette prolongation est purement technique et justifiée techniquement. Ça aurait été une rallonge politique, on gagne quoi en 7 jours pour ceux qui nous incriminent. Qu’est ce qu’on gagne en 7 jours ? Même moi j’aurais été content qu’on se débarrasse de cette charge. Ce n’est pas facile de garder la pression sur vous depuis toujours. Le plus tôt on peut avoir ces élections, mieux c’est pour la Céni.

Réactions de l'opposition et de la majorité présidentielle


Nos équipes à Kinshasa ont recueilli les réactions de l'opposition et de la majorité présidentielle. Il leur a été impossible, par contre, de rencontrer le candidat de l'UDPS, Félix Tshisekedi. 

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  • Martin Fayulu, candidat de l'opposition à la présidentielle congolaise pour la coalition Lamuka : " La Céni est prise la main dans le sac. Nous nous sommes défaits du piège Céni-FCC qui voulaient que nous boycottions les élections. Nous ne boycottons pas, prouvez-nous que vous allez imprimer. " 
De leur côté les "petits" candidats rappellent que depuis des mois ils dénonçaient cette machine à voter qui, selon eux, ne pouvait pas garantir des élections transparentes. Marie-José Ifoku, candidate de l'ANC appelle la CENI à démissionner.
 
  • Marie-José Ifoku, candidate de l'Alliance nationale des élites du Congo (ANC) demande la démission de toute l'équipe de la Céni "nous ne pourrons pas avoir des élections crédibles. Nous allons vers un chaos. (...) La Céni n'a qu'à déposer pour que l'on puisse remettre la Céni entre les mains de gens qui sont neutres : les églises ou encore des ONG. La Céni doit démissionner."  
Notre équipe a fait découvrir les images de notre reportage à André -Alain Atundu, porte-parole de la majorité présidentielle.
 
  • André-Alain Atundu assure : "aucune disposition au monde ne peut empêcher la tricherie. Ce qui peut l'empêcher, c'est la conscience républicaine de chacun et la présence de témoins pour éviter les points faibles où l'on peut tricher, c'est tout.