Afrique

RD Congo : le général Yav en charge des opérations militaires contre le M23 arrêté

Forces armées congolaises et soldats des Nations unies patrouillent autour d'Oicha, à 30 km de Beni le 23 juillet 2021 suite à une attaque des forces rebelles des ADF. (image d'illustration)
Forces armées congolaises et soldats des Nations unies patrouillent autour d'Oicha, à 30 km de Beni le 23 juillet 2021 suite à une attaque des forces rebelles des ADF. (image d'illustration)
© AP Photo/Al-hadji Kudra Maliro

Un haut gradé de l'armée de la République démocratique du Congo, commandant des opérations militaires contre le groupe rebelle "M23" dans l'est du pays, a été arrêté et écroué. 

Selon des médias, qui citent des proches du lieutenant-général Philémon Yav et des "sources sécuritaires", cet officier est incarcéré depuis le 19 septembre au soir à Makala, la grande prison de Kinshasa.
Une source militaire a confirmé à l'AFP, sous couvert d'anonymat, l'arrestation du lieutenant-général Yav, sans aucun détail sur le motif possible de son interpellation. Contacté, le général Léon-Richard Kasonga, porte-parole des forces armées de RDC (FARDC), n'a pas voulu répondre.
 
Commandant de la troisième zone de défense, qui couvre toute la partie est et nord-est de la RDC, Philémon Yav avait pris mi-juillet la conduite des opérations militaires menées au Nord-Kivu contre le M23. Il avait remplacé dans cette fonction le général Constant Ndima, gouverneur militaire de la province.

Le M23, pour "Mouvement du 23 mars", est une ancienne rébellion à dominante Tutsi vaincue en 2013, qui a repris les armes en fin d'année dernière en reprochant à Kinshasa de ne pas avoir respecté des accords sur la démobilisation et la réinsertion de ses combattants.

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La RDC accuse le Rwanda de soutenir cette rébellion, ce que Kigali conteste.
Depuis trois mois, les rebelles du M23 occupent Bunagana, une importante localité du territoire de Rutshuru, à la frontière ougandaise.

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Par ailleurs, également dans le Nord-Kivu, un colonel, chef de bataillon, vient d'être inculpé et écroué à Goma, le chef-lieu de la province. Il est soupçonné d'avoir empoisonné un général, Ghislain Tshinkobo, chef de l'armée pour le Nord-Kivu, dont la mort mi-août avait été considérée dans un premier temps comme consécutive à une crise cardiaque, a-t-on indiqué de source militaire. Selon un proche, le colonel clame son innocence.

Comme la province voisine de l'Ituri, le Nord-Kivu est placé sous état de siège depuis mai 2021. Les autorités civiles y ont été remplacées par des officiers de l'armée et de la police.