RD Congo : un rapport de l'ONU pointe la responsabilité du M23 dans le massacre de civils

Les Nations Unies achèvent une enquête préliminaire sur un massacre de civils perpétré dans la région du Nord-Kivu en RDC. Selon les premiers éléments du rapport publié jeudi 8 novembre, les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, sont responsables de la mort d’au moins 131 personnes. Parmi les victimes, 17 femmes et 12 enfants. 
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RD CONGO attaque m23 2021
L'armée congolaise est en train d'inspecter les lieux d'une attaque perpétrée à oicha, à 30 kilomètres de Béni. Les rebelles du M23 sont suspectés d'en être responsables. République Démocratique du Congo, 23 juillet 2021. 
AP/Al-hadji Kudra Maliro
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Au moins 131 civils ont été exécutés arbitrairement par balle ou à l'arme blanche fin novembre dans deux villages de l'est de la RDC. C’est ce que révèle une enquête préliminaire de l'ONU, rendue publique jeudi 8 novembre. Parmi les personnes exécutées, les Nations Unies ont dénombré 17 femmes et 12 enfants.

Les civils, premières victimes du conflit 


Suite à ces révélations, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Türk s'est dit "vraiment horrifié". Selon ses termes, "il y a un réel besoin de mettre fin à ces combats qui se déroulent dans différentes parties du pays, en particulier au Nord-Kivu. Ce sont toujours les civils qui en souffrent". Volker Türk, lors de la même conférence de presse à Genève, a annoncé qu'il a par ailleurs prévu de se rendre sur place l'an prochain.

Lundi 5 décembre, les autorités de Kinshasa avaient évoqué un bilan d'environ 300 morts dans le village de Kechiche, dans la province du Nord-Kivu.
 
Le soutien du Rwanda aux rebelles du M23 pointé du doigt 

Le M23 ("Mouvement du 23 mars") est une ancienne rébellion majoritairement tutsi qui a repris les armes en fin d'année dernière. Depuis, les rebelles ont conquis de larges portions d'un territoire du nord de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu.

Selon les autorités congolaises, des experts de l'ONU et la diplomatie américaine, le M23 est soutenu par le Rwanda. 

Kigali conteste ces accusations. En retour, le président rwandais Paul Kagame taxe Kinshasa de collusion avec les FDLR. Ce mouvement hutu est constitué par certains auteurs du génocide des Tutsi en 1994 au Rwanda.

L’ONU renouvelle un appel pour “cesser les hostilités”


Le chef des droits de l'homme de l'ONU s'est dit "profondément préoccupé par la situation, surtout en ce qui concerne l'exercice des libertés démocratiques dans le pays".

"Nous devons nous assurer que la RDC reste à l'ordre du jour, notamment du point de vue des droits de l'homme. C'est très important", a déclaré l'Autrichien, qui a pris la tête du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme à la mi-octobre.
 
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Dans un communiqué, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a "fermement condamné" le massacre. Il a "exhorté le M23 et tous les autres groupes armés à cesser immédiatement les hostilités et à désarmer sans condition".