Afrique

RDC : après la répression, le deuil

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©TV5Monde/A.Renevier et G.Longo

Ils s'appelaient Desheda et Benjamin. Ils n'avaient pas 30 ans. Et ils ont été arrachés à la vie lors de la violente répression des marches de dimanche. Des marches à l'appel des catholiques du  Comité laïc. Six morts selon l'ONU, deux selon les Autorités. Si le bilan diverge, des familles, elles pleurent leurs morts.

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Des cris de colère et la sidération pour les proches de Deshade, morte pendant les manifestations. La jeune fille de vingt-quatre ans, aspirante religieuse, était en tête du cortège du quartier de Kitambo, peu avant que la police n'intervienne violemment. Touchée par des tirs de rafale, la jeune femme a succombé à ses blessures sur le parvis de l'église. 
 
Avec les armes à feu, il y avait aussi des soldats. Ils ont tiré au moins cinq balles. Parmi les cinq il y a eu ma grande sœur qui était là. Elle a perdu beaucoup de sang. Même nous on était là on ne pouvait rien faire.

Jean-Claude, frère d'une victime
Dans le quartier de Kingabwa, une autre famille est en deuil. Des femmes pleurent Benjamin, dix-huit ans, qui selon sa mère ne participait pas à la marche. 
 
Je ne réalise toujours pas. Mon fils est allé chercher du sucre pour son déjeuner, parce qu'il n'en avait plus pour son thé. Il est allé faire les courses non loin de la maison. Et soudainement, les gens viennent me dire que mon fils est mort d'une balle tirée par les forces de l'ordre. 

Rosalie Tubale, mère de Benjamin

Benjamin est mort à deux cents mètres de son domicile. Dans un quartier du nord de la capitale, les habitants ont résisté aux policiers, pour qu'ils n'emmènent pas le corps.

"Les soldats ont envoyé des jeeps pour récupérer le corps pour effacer les traces. Ensemble avec les habitants du quartier, nous nous sommes opposés à ces forces de l'ordre. La MONUSCO a gardé le corps, et ces soldats ont tout fait pour le récupérer, mais sans succès. raconte Théthé Tsikala, la soeur de Benjamin.

Depuis la répression de marches pacifiques dimanche contre le maintien au pouvoir de Joseph Kabila, les violences sont encore dans tous les esprits, surtout dans la capitale, où l'on dénombre six morts selon la mission de l'ONU la MONUSCO, deux  seulement selon les Autorités. Des blessés et des arrestations ont été relevés dans tout le pays.