Afrique

RDC : découverte d'une cinquantaine de fosses communes à Yumbi

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En République démocratique du Congo, plus d'une cinquantaine de fosses communes ont été découvertes par une mission d'enquête conjointe de l'ONU et des autorités congolaises dans l'ouest du pays, à Yumbi, où les élections générales du 30 décembre 2018 avaient été reportées en raison des violences communautaires. 
 

Sur le territoire de Yumbi, à 300 km au nord de Kinshasa, dans l'ouest de la RDC, plus de 400 bâtiments ont été incendiés ou pillés et des violences meurtrières, liées à des rivalités ancestrales entre communautés nunu et tendé, se sont déroulées.

C'était mi-décembre, dans quatre villages, après l'enterrement d'un chef coutumier nunu, qui avait été interdit par les autorités locales, et quelques jours avant les élections générales qui n'ont pas eu lieu ici, sur ordre de Kinshasa qui a mis en avant les violences sur place.

Or des dizaines de fosses communes viennent d'être mises au jour. 

Il y a plus d'une cinquantaine de fosses ou de tombes communes et des tombes individuelles que nous avons identifiées. Ce qui laisse penser que le nombre est assez élevé.Abdoul Aziz Thioye - Directeur du Bureau conjoint de l'ONU aux droits de l'Homme en RDC (BCNUDH).

Au moins 890 personnes tuées, selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme. Une centaine, estiment pour leur part les autorités congolaises.
 

Les enquêtes sont déjà en cours . Il y a l'auditorat général qui ont dépêché sur place ici un auditeur supérieur qui a mené des enquêtes pendant trois semaines ici sur place. Fall Sikabwe, général congolais.

Des militaires et des policiers ont été tués et leurs armes récupérées, ajoute le général Fall Sikabwe, chef de l'armée dans la région ouest de la RDC.

A l'hôpital, une survivante raconte : "Quand les agresseurs sont venus, ils nous ont demandé de quelle tribu on était. On leur a répondu qu'on était de la tribu de Mbunza. Ils ont ignoré notre réponse et nous ont dit "on est venu massacrer tout le monde".

Tout d'un coup ils ont commencé à nous tuer, ils m'ont entaillé la jambe avec la machette et ils m'ont tiré une lance à la poitrine et à côté de l'œil.Julia Alunga, rescapée.

Blessée, cette femme est restée sur place mais quelques 16 000 habitants sur 18 000 qui vivaient à Yumbi selon l'ONU ont fui de l'autre côté du fleuve et de la frontière, au Congo-Brazzaville.

L'ONU y enquête également pour établir ce qui s'est réellement passé sur le territoire de Yumbi en décembre 2018.