RDC : derniers préparatifs avant les IXe Jeux de la Francophonie

À une semaine du coup d'envoi des 9e Jeux de la Francophonie, le 28 juillet, les ouvriers s'activent pour livrer en temps et en heure les installations. Elles accueilleront pendant dix jours, à Kinshasa, quelque 3.000 jeunes sportifs et artistes d'une trentaine de pays.

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Photo-montage de plans du site d'hébergement et d'installations en cours de finition des IXe Jeux de la Francophonie à Kinshasa.

Junior KANNAH / AFPTV / AFP
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Le bruit des travaux résonne encore dans des gymnases pendant que les athlètes des premières délégations arrivées dès le week-end du 15 juillet s'entraînent déjà. Sur la pelouse du grand stade des Martyrs, des répétitions sont en cours pour la cérémonie d'ouverture du 28 juillet. Jeudi 20 juillet, des ambassadeurs de pays francophones font la tournée des sites. 

"Les finitions, c'est un peu à la dernière minute", constate un visiteur. Il se dit néanmoins confiant sur la tenue des Jeux. Ce qui n'était pas gagné. Attribués à la République démocratique du Congo (RDC) en 2019, les Jeux de la Francophonie combinent épreuves sportives et culturelles. Elles auraient dû avoir lieu en 2021, quatre ans après ceux d'Abidjan. Mais les Jeux ont été reportés une première fois à cause du Covid-19, puis une deuxième parce qu'en 2022, rien n'était prêt.

"Ce n'est pas facile, quand on est un pays en guerre, de dégager des moyens" pour organiser ce genre d'événement, constate devant la presse le ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula, accompagné par ses collègues des Sports et de la Communication pour la visite des diplomates.

Dans l’est, la RDC est confrontée à des dizaines de groupes armés depuis près de trois décennies et à une rébellion qui occupe depuis l'année dernière une partie du Nord-Kivu. 

L'organisation elle-même coûte des dizaines de millions de dollars. Mais il a aussi fallu ajouter la réhabilitation ou la construction complète d'installations sportives, dans un pays notoirement dépourvu d'infrastructures : gymnases pour le basket, le tennis de table ou le judo, pelouses pour le football ou pistes pour l'athlétisme. 
Le revêtement qui ceinture le petit stade annexe des Martyrs est tout neuf.

Comme tous les autres sportifs congolais, Françoise, 21 ans, qui court sur 100 et 200 mètres, est heureuse que son pays se dote d'installations modernes. Mais, assise par terre à côté de la piste, elle a mal aux pieds. "D'habitude je cours sur terre battue. Il faut que je m'habitue."

Participation réduite pour raisons de sécurité

À environ 1 km de là, le vieux stade Tata Raphaël était à l'abandon, loin de son heure de gloire de 1974, lorsqu'il avait accueilli le légendaire match de boxe entre Mohamed Ali et George Foreman. Avec les Jeux de la Francophonie, il devient un "village sportif" aux normes internationales, selon le directeur du Comité d'organisation, Isidore Kwandja. 

Les travaux y sont moins avancés qu'au stade des Martyrs, mais M. Kwandja veut croire que tout sera prêt à temps, y compris la clinique. Elle n'est pas encore équipée mais le matériel est disponible, assure le comité.

Tout début juillet, des pays ont annoncé qu'ils ne participeraient pas ou réduiraient leur participation aux Jeux pour des raisons de sécurité ou de santé, invoquées notamment par le Québec. Ces pays "n'ont pas raison", lâche le ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula Apala. Les autorités congolaises ont été piquées au vif et répètent que tout est mis en œuvre pour accueillir les Jeux en toute sécurité. Sur les sites, d'importantes forces de sécurité sont déployées. 

Jeudi, les ambassadeurs ont aussi pu voir une demi-douzaine d'ambulances flambant neuves alignées au pied des hauts murs du stade des Martyrs, tandis que se mettait en route la caravane des Jeux. 

Avec camion et sono, mascotte, hommes sandwichs et jeunes à rollers, elle sillonne les rues de la capitale pour convaincre les Kinois qu'une fête se prépare. Ce, malgré les difficultés et l'ambiance plombée encore un peu plus la semaine dernière par l'assassinat d'un opposant politique.

Les tout premiers sportifs arrivés du Burkina Faso, du Togo, du Bénin ou du Niger ont essuyé les plâtres. Certains se sont plaints du manque d'eau le premier jour dans leurs chambres du campus de l'Université. Mais ambassadeurs et journalistes ont pu constater jeudi que l'eau coulait désormais aux robinets.