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RDC : incendie dans un entrepôt de la Commission électorale à Kinshasa

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©TV5MONDE/ Commentaire: S. Rodier - Images: B. Basomboli - Montage: V. Perez

En RDC, les élections générales doivent se tenir le 23 décembre. Un incendie s'est déclaré la nuit dernière à l'intérieur d'un entrepôt de la Commission électorale où étaient gardées notamment les fameuses "machines à voter" très controversées.

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L'incendie a été maîtrisé mais, au petit matin, un épais nuage de fumée noire troublait encore le ciel de Kinshasa. Le feu s'est déclaré vers deux heures du matin dans l'un des entrepôts de la Commission électorale (Ceni). 

Le bâtiment brûlé abritait le matériel électoral de la ville dont une grande partie des très controversées "machines à voter". 

"Le feu a consumé le matériel de 19 commmunes sur 24 de Kinshasa, le matériel estimé à ce moment c'est près de 8000 machines à voter sur les 10 368 prévues sur Kinshasa", a le président de la Commission Électorale Nationale Indépendante qui s'est rendu sur place et n'a pu que constater les dégâts considérables. 

Pour l'instant, les causes de l'incendie ne sont pas connues. Les autorités évoquent déjà la piste criminelle et veulent aussi rassurer quant à la tenue des scrutins présidentiels, législatifs et provinciaux prévus le 23 décembre prochain. 

"Tout indique qu'il pourrait être criminel parce que l'enquête ne vient que de commencer mais déjà un certain nombre de communes avait reçu leur matériel ce n'est pas cet incendie qui va empêcher les élections d'avoir lieu", indique Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

Un acte criminel ? Une certitude pour l'un des candidats de l'opposition Martin Fayulu qui n'hésite pas à accuser les autorités congolaises : "C'est la preuve que le régime de Kabila ne veut pas des élections. Ils ont multiplié les subterfuges depuis longtemps. D'abord ils ont commencé par vouloir changer la constitution, il n'ont pas pu. Et voilà ce qu'ils trouvent : incendier l'entrepôt où il y avait le matériel du vote."  Le candidat de Lamuka accuse aussi les autorités d'entraver ses meetings électoraux, perturbés ces derniers jours par des violences. Cinq personnes au moins ont été tuées. 
 

D'autres voix s'élèvent, le mouvement citoyen Lucha n'hésite pas à suggérer que les retards avoués la veille par la CENI dans le déploiement du matériel électoral , et la survenue de cet incendie ne seraient peut-être pas une coïncidence. 

Le porte-parole de l'opposant Moïse Katumbi questionne de son côté "ce sort qui s'acharne contre les élections."

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