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RDC : l'Etat n'accorde plus de bourses, les étudiants se tournent vers les ONG

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TV5Monde

L'école primaire gratuite pour tous les enfants, bientôt une réalité en République démocratique du Congo ? C'est en tout cas la promesse de Félix Tshisekedi  qui réveille un immense espoir dans un pays où des millions d'enfants et d'adolescents sont privés d'éducation. En attendant, des ONG et des fondations privées prennent le relais pour aider les étudiants à rentrer dans la vie universitaire. Reportage de Blaise Basomboli.

 

Espoir Kitende a 17 ans et il a le nez souvent dans les livres. C'est un des meilleurs élèves du Haut Katanga. C'est un lycéen au parcours brillant mais freiné par le coût de la scolarité.  Car ici, les droit d'inscription, que l'on appelle les minervales, pénalisent durement  les enfants des familles modestes, comme Espoir. "La plus grande difficulté au cours des études est financière. Mes parents n'arrivaient pas à payer les minervales. Ces difficltés financieres m'ont un temps découragé", se confie le jeune homme.

Les écoles primaires et secondaires sont en effet payantes en République démocrtaique du Congo C'est aux parents de prendre en charge une partie du salaire des enseignants. Faute de quoi, les eleves comme Espoir se voient interdire l'accès à l'école. "Parfois on le chassait de l'école.  C'était vraiment compliqué. Un oncle est venu plaider sa cause à l'école".  Aujourd'hui, diplôme d'état en poche, Espoir  va pouvoir étudier à l'étranger et la encore une fois  il n'a pas pu compter sur le soutien de l'état congolais. Ce sont les ONG et autres organismes privés qui ont pris le relais.

Un fondation a ainsi financé à hauteur de 24000 euros les études d'Espoir, 4 années universitaires à Chypre. L'Etat laisse donc  le champ libre au privé dans l'éducation.

Le nouveau président Félix Tshisekedi  a promis du changement : la gratuité de l'école pour tous. Mais s'y tiendra t'il ? Joseph kabila avant lui s'y était engagé. Une Promesse non tenue.
 

L'école payante ? Un héritage de Joseph-Désiré Mobutu.

La fin de la gratuité de l'école date des années Mobutu ( président de 1965 à 1997 ). Dans les années 80, le FMI et la Banque Mondial pressent l'état congolais ( à l'époque le Zaire) de réduire son train de vie. Le pouvoir de l'époque décide alors de faire payer par les parents une partie des salaires des enseignants. Joseph Kabila (président de 2001 à 2019 ) fait inscrire dans la Constitution congolaise de 2005 que l'enseignement primaire est décrété " gratuit et obligatoire". Rien ne change. Ils seraient plus de 7 millions d'enfants de 5 à 17 ans à ne pas fréquenter les bancs de l'école. La RDC « reste l'un des pays avec le plus grand nombre d'enfants non scolarisés », notait en mai le Partenariat mondial pour l'éducation.