Afrique

RDC : la méthode militaire de Tshisekedi pour pacifier l'est du pays critiquée

Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, lors d'un sommet à Paris, le 18 mai 2021 (Ludovic Marin, Pool via AP)

Un groupe d'experts a critiqué, vendredi 17 septembre, les "approches militaires" privilégiées par le président congolais Félix Tshisekedi pour mettre fin au conflit armé dans l'est de la République démocratique du Congo, où plusieurs centaines de civils ont été tués ces quatre derniers mois.

La partie orientale de la République Démocratique du Congo est en proie à la violence depuis plus de 25 ans, en raison de la présence d'une centaine de groupes armées locaux et étrangers d'importance diverse. L'armée mène des opérations militaires dans au moins trois provinces (Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri).

"Les approches, principalement militaires, qui ont été privilégiées par Félix Tshisekedi depuis son arrivée à la présidence, en janvier 2019, n’ont toujours pas amené les résultats espérés", analyse le Kivu security tracker (KST) dans un rapport.


"Les approches, principalement militaires, qui ont été privilégiées par Félix Tshisekedi depuis son arrivée à la présidence, en janvier 2019, n’ont toujours pas amené les résultats espérés"
rapport du Kivu security tracker (KST)

"Elles ont même parfois contribué à aggraver la situation, comme lors de l’offensive 'de grande envergure', lancée contre les Forces démocratiques alliées (ADF) fin octobre 2019, et qui a été suivie par une vague de massacres contre les civils inédite depuis celle de 2014-15", estime le KST, une initiative conjointe de l'ONG américaine Human Rigths Watch et du Groupe d'étude sur le Congo.

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L'état de siège, une mesure exceptionnelle

Les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri ont été placées sous le régime de l'état de siège depuis le 6 mai dernier par le président Tshisekedi, avec pour objectif de mettre fin à l'activisme des groupes armés.

Cette mesure exceptionnelle "n’a pas, non plus, permis d’atteindre les résultats escomptés pour l’instant. Celui-ci a essentiellement consisté dans le transfert de très larges parties du pouvoir civil à des gouverneurs, administrateurs de territoire et maires militaires ou policiers", estime le KST.

Des tueries sont rapportées quasi quotidiennement dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri. Du 6 mai au 10 septembre, "au moins 739 civils ont été tués" dans ces deux régions, selon l'organisation américaine HRW. 

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La grande majorité de ces massacres sont attribués aux ADF. A l'origine des rebelles musulmans ougandais, ils sont maintenant présentés par l'organisation djihadiste État islamique (EI) comme sa branche en Afrique centrale.

La semaine dernière, le gouvernement a annoncé la tenue "d’une réunion de sécurité visant la réorganisation logistique et opérationnelle de l’état de siège pour l’adapter aux nouvelles donnes du terrain".