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RDC : le parquet mène des "investigations" dans l'affaire des "15 millions de dollars"

Le président congolais Félix Tshisekedi et son directeur de cabinet Vital Kamerhe dont le nom est cité dans l'affaire de détournement.
Le président congolais Félix Tshisekedi et son directeur de cabinet Vital Kamerhe dont le nom est cité dans l'affaire de détournement.
© AP Photo/Ben Curtis

La justice congolaise ouvre une enquête dans l'affaire dite des "15 millions de dollars", un présumé détournement de fonds publics sur lequel le président de la République démocratique du Congo Félix Thisekedi vient de s'exprimer pour la première fois.

Le bureau du procureur général près la cour de Cassation a confirmé avoir reçu un rapport "sur l'éventuelle disparition" de cette somme, selon un communiqué.

"En attendant l'issue des investigations que mènent ses services, il est demandé aux uns et aux autres de s'abstenir d'interférer" dans l'enquête, ajoute le communiqué signé par un haut magistrat du parquet, Victor Mumba.

Le rapport sur l'affaire des 15 millions de dollars a été transmis par l'inspection générale des finances. Ce rapport cite le directeur de cabinet du président de la République et allié politique du président, Vital Kamerhe, parmi les quatre responsables d'une "irrégularité".

Ces 15 millions de dollars n'ont pas été versés au Trésor public, mais sur un autre compte, qui a été "vidé", avait indiqué à l'AFP une source proche du dossier.

Je laisse les institutions judiciaires faire leur travail en toute indépendance.

Félix Tshisekedi, président congolais

Techniquement, ces 15 millions correspondaient à une retenue de 15% au bénéfice du Trésor public sur une somme de 100 millions versés par l'Etat à sept compagnies pétrolières (dont Total) pour compenser le gel des prix à la pompe.

"Puisque je me bats pour un Etat de droit, pour l’indépendance de la justice, je laisse les institutions judiciaires faire leur travail en toute indépendance", a déclaré le président Tshisekedi au quotidien Le Soir à la veille de son arrivée en visite officielle à Bruxelles lundi.

Le président assure avoir reçu "l’inspecteur général des Finances afin de le rassurer en cas de menaces".