Afrique

RDC : les attaques des rebelles islamistes ougandais ADF du 31 mai ont fait au moins 57 morts

Des troupes de l'armée de la République démocratique du Congo rentre dans Goma ce 5 mai après la déclaration de l'état de siège dans la province de l'ituri et du Nord Kivu.
Des troupes de l'armée de la République démocratique du Congo rentre dans Goma ce 5 mai après la déclaration de l'état de siège dans la province de l'ituri et du Nord Kivu.
AFPTV

Les attaques menées le 31 mai par les Forces démocratiques alliées (ADF) dans le nord-est de la République Démocratique du Congo, ont fait au moins 57 morts civils dont sept enfants dans des villages et des camps de déplacés selon l'ONU.
 

​Les attaques ont été menées près des villes de Boga et de Tchabi, dans la province de l'Ituri, par les Forces démocratiques alliées. Les ADF sont un groupe armé ougandais regroupant des mouvements d'opposition au président Museweni. Le groupe a été fondé en 1995 et il opère depuis la RDC.

"Dans la seule ville de Boga, 31 femmes, enfants et hommes ont été tués et les familles en deuil ont indiqué aux partenaires du HCR que de nombreux membres de leur famille ont été brûlés vifs dans leur maison", a raconté M. Baloch, porte-parole du Haut Commissariat aux réfugiés, lors d'un briefing à Genève.
Selon le correspondant de l'AFP à Bunia, qui a pu se rendre sur place mercredi, ce sont 53 personnes qui ont été tuées : 21 à Tchabi, et 32 à Boga, où un site de déplacés a été visé en premier. Les victimes, hommes, femmes et enfants, ont été massacrés, la plupart à la machette, après avoir été ligotés.

Si le HCR affirme que les responsables sont les ADF, les sources locales sont beaucoup plus prudentes sur l'identité des assaillants, estimant qu'il pourrait aussi s'agir d'un réglement de comptes, dans une région marquée de fortes tensions ethniques.

Etat de siège en Ituri et au Nord-Kivu depuis le 6 mai

Selon deux responsables locaux interrogés par l'AFP peu après la tuerie, "il est difficile d'attribuer ces attaques aux ADF" étant donné que d'autres conflits à caractère ethnique couvent dans la zone, notamment entre les Nyali et les Banyabwisha. Ces derniers sont des Hutu congolais d'origine rwandaise.

Voir : L'état de siège  se prépare 
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Le président Félix Tshisekedi avait décrété le 6 mai l'état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri, pour venir à bout des groupes armés qui sévissent dans ces régions frontalières du Rwanda et de l'Ouganda.

Reconductible, cette décision avait été prise notamment après une vague de tueries perpétrées par les ADF. Des gouverneurs et administrateurs militaires ont été nommés dans les deux provinces, où aucune opération majeure n'a été cependant lancée à ce jour.

(Re)lire RDC : une promesse de résultats après un mois d'état de siège au Nord-Kivu et en Ituri

Le gouvernement n'a fait aucun commentaire sur la tuerie du 31 mai, ni condamnation ni déclaration.

Le HCR "appelle à un accroissement rapide de la sécurité dans la région pour protéger les vies des civils, dont un grand nombre a été attaqué et forcé de fuir déjà à plusieurs reprises et répète son appel à toutes les parties de respecter le caractère humanitaire des sites regroupant des déplacés", a ajouté son porte-parole, expliquant que des milliers de personnes ont fui avec pour seule possession leurs habits sur leur dos.

Il a aussi insisté sur le fait que les violences mettent un frein à l'aide humanitaire.

"Les centres de soins ont été forcés de temporairement évacuer leurs équipes sur Bunia, la capitale de l'Ituri", a déclaré le porte-parole, expliquant que des milliers de personnes étaient privées d'aide à cause du pillage des locaux d'un partenaire sur place du HCR.