Afrique

RDC : les autorités envisagent " un service militaire obligatoire" pour lutter contre le M23

Des rebelles du M23 lors d'une cérémonie marquant le retrait de leurs positions dans la ville de Kibumba, le 23 décembre 2022.
Des rebelles du M23 lors d'une cérémonie marquant le retrait de leurs positions dans la ville de Kibumba, le 23 décembre 2022.
Moses Sawasawa (AP)

Les autorités congolaises ont évoqué, mardi 27 décembre, la possibilité d'instaurer "un service militaire obligatoire" en République démocratique du Congo. Le pays est confronté à l'offensive de la rébellion du M23 dans l'est.
 

Devant des responsable politiques et militaires, mais aussi des diplomates, le ministre de la Défense, Gilbert Kabanda a évoqué la possibilité d'instaurer "un service militaire obligatoire" ou "contractuel de 5, 10 ans".

Il s'exprimait à l'occasion de la présentation officielle du "document de politique de défense" de la République démocratique du Congo. "Il faut construire une armée pour protéger" le pays, a-t-il insisté. 
  Cette nouvelle politique de défense inclut notamment l'instauration d’une industrie militaire, la création d’une armée de réserve, l’instauration d’une école de cadets, la mise en place d'une armée capable de luter contre la cybercriminalité et la criminalité (trans)frontalière.

Dans la soirée, l'armée et la police ont par ailleurs présenté à la télévision publique cinq présumés "espions rwandais" et un militaire congolais arrêtés à Kinshasa. Ils étaient accusés de préparer des "actions d'envergures."
 

« Brigade spéciale de « Résistants » »

Dans la province du Nord-Kivu, une coalition des groupes armés congolais qui affirment se battre contre les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), a de son côté appelé les autorités congolaises à la création d'un service de "para-militaires". 

"Nous voulons la création d'une brigade spéciale composée des « Résistants » (...) qui n'est pas attachée aux FARDC (armée congolaise)" mais une sorte de "service para-militaire ou de gardes de frontières", a expliqué à la presse Jules Mulumba, porte-parole de cette coalition qui rassemble les groupes armés CMC, APCLS, ANCDH, NDCR, FPP et autres.
  Debut novembre, le président Félix Tshisekedi avait appelé "la jeunesse" de son pays à "s'organiser en groupes de vigilance en vue d'appuyer, d'accompagner et de soutenir nos forces armées" face à la rébellion du M23. Ce mouvement a conquis au cours des derniers mois de vastes pans du territoire du Nord-Kivu, province congolaise frontalière du Rwanda, progressant jusqu'à quelques dizaines de kilomètres de Goma.

Kinshasa accuse Kigali de soutenir activement le M23 et de combattre à ses côtés. Les relations entre les deux voisins sont par conséquent exécrables.

(Re)voir : Rwanda : des experts de l'ONU accusent Kigali de soutenir le M23 en RDC
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